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Critique - Images de la fin du monde (Christophe Siébert) : Une dystopie pour un public averti !

Par Louis - CINAK
3 min 15 juillet 2020
Critique - Images de la fin du monde (Christophe Siébert) : Une dystopie pour un public averti !
On a aimé
-Le Svatoj délirant
-Les faits divers à la fin du livre
On a pas aimé
- La prédominance du sexe hard

Lauréat du prix Sade 2019, Christophe Siébert nous sert un recueil de nouvelles au cœur de la cité de Mertvecgorod dans un Etat indépendant russe post-URSS. Par le biais de portraits sombres et désabusés, Images de la fin du monde est une dystopie étrange et réservée à un public averti. (Il n’a pas obtenu le prix de Sade pour rien)

De 2014 à 2025, date-clé d’un attentat qui ravagera la ville, Mertvecgorod s’assombrit de jours en jours. Chaque nouvelle est une descente en enfer. Elles sont les fragments d’une mosaïque terrifiante qui représente un pays corrompu, pauvre et livré à ses plus bas instincts. Chaque destin que nous croisons est une loque en devenir, prête à tout accepter pour survivre ou jouir sauvagement de la vie, que cela soit en kidnappant des hommes et des femmes pour un zoo humain privé ou en organisant des combats de gladiateurs futuristes.

Comme évoqué plus tôt, Christophe Siébert mérite son prix Sade : le sexe est omniprésent. Sexe qui est parfois frustrant dans certaines nouvelles, dont on aurait pu se passer. C’est pour cela que je mettrais la note arbitraire de 5 pour ce recueil. L’auteur redouble d’imagination pour inclure cette sexualité dans des activités futuristes qui intriguent, rebutent et fascinent. Dans cette ville, vendre son corps est un moyen de survie face aux puissants, aux riches et aux caïds. Il rajoute une véritable touche d’impuissance aux personnages, les rendant profondément humains. Malgré un contenu pollué par le sexe, certaines idées sont tout simplement géniales. Tout recueil est inégal que cela soit en matière de contenu et de style et Images de la fin du monde ne fait pas exception à la règle.  

La fin du monde qui survient dès les premières pages et qui est une explosion titanesque n’est que le reflet de l’agonie d’un peuple. Dans chaque nouvelle, c’est un monde qui s’éteint : vertu, beauté, innocence… Tant de choses que Christophe Siébert nous fait chérir avec ses mises en garde.

Les première et dernière nouvelles concluent une fresque perturbante, burlesque et éprouvante pour le genre humain. Images de la fin du monde est à lire pour ceux qui désirent découvrir les parts sombres de l’être humain pour mieux fuir un monde où une telle horreur deviendrait réalité, et pour les curieux d’une dystopie sombre et charnelle. 

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