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Critique - L’Héritage de Richelieu (Philippe Auribeau) : Une suite intéressante des Lames du Cardinal

Par Louis - CINAK
3 min 10 juin 2021
Critique - L’Héritage de Richelieu (Philippe Auribeau) : Une suite intéressante des Lames du Cardinal
On a aimé
- Le duo Horville
- Les combats extrêmement dynamiques
On a pas aimé
- Des descriptions "soutenues"

Il est plus facile de se salir les mains quand on ignore qu'on les plonge dans l'eau sale.

Philippe Auribeau est l’homme à qui l’on doit le jeu de rôle sur les Lames du Cardinal. Donc autant vous dire qu’une France remplie de dragons et de complots ça le connaît ! 10 ans après les événements de la trilogie originelle de Pierre Pevel, une seconde génération de Lames a vu le jour.

1643, le cardinal de Richelieu est mort et Louis XII également, laissant le trône à un enfant et le pouvoir au cardinal Mazarin, Italien et donc mal-aimé des Français. Mal-aimé également des Lames car il a dissous la deuxième mouture il y a quelques années, se faisant détester par leur capitaine, le comte de Clément-Lefert. Mais, un trafic de substances draconiques et la menace des dragons ayant pris forme humaine forcent la main au cardinal et il doit rappeler ses hommes.

Cette reformation des Lames est l’occasion pour Philippe Auribeau d’apposer sa patte à l’univers de Pierre Pevel tout en donnant la part belle au fan service : Saint-Lucq et Agnès referont leur apparition et certains reconnaîtront des lieux emblématiques de la série. Mais je vous arrête tout de suite, ce livre peut largement se lire indépendamment. L’auteur prend le temps de contextualiser et de rappeler des événements antérieurs, permettant de rapidement cerner les enjeux.

Enjeux qui vont rapidement monter en puissance, mettant au jour un complot plus grand qu’un simple trafic de drogues (excitantes pour les humains et revigorantes pour les hommes-dragons, les dracs), entraînant les Lames dans des parties fines parisiennes et aux quatre coins de l’Europe. L’auteur, comme Pierre Pevel avant lui, s’est efforcé de rendre ses descriptions crédibles et historiquement justes. Je vous conseille d’ailleurs de googliser les lieux cités, vous aurez de belles surprises et l’immersion n’en sera que plus grande (idem pour les types de lames si vous n’êtes pas familier avec le genre de capes et d’épées).

Parlons des descriptions d’ailleurs ! Du côté de la description d’un lieu ou d’un personnage, l’auteur tend trop vers des termes soutenus qui certes « stylisent » l’objet décrit mais qui, dans les faits, n’apportent que peu de choses. Tandis qu’au niveau de la description d’actions ou de combats, là l’auteur possède un vrai sens du rythme. Les combats sont vivants et fluides, à l’image de ce qu’ils devraient être, surtout pour des escrimeurs de renom ! Mon avis sur le style du roman est donc mitigé, pompeux dans les moments de calme mais dynamique dans le mouvement. L’auteur n’a pas toujours le style concis de la trilogie dont il s’inspire. Heureusement, l’action est menée tambour battant, ce qui nous évite de nous attarder sur le style.

Les personnages maintenant ! Nouvelles lames, nouveau capitaine, nouveau drac ! J’ai particulièrement apprécié le duo Horville (deux orphelins filous recrutés dès les premières pages), touchant par la tendresse que le frère et la sœur se portent, à l’image de deux corps qui se meuvent en harmonie (particulièrement pratiques dans des combats me direz-vous). Mais le personnage qui vaut réellement le détour est Gribouges, expert en explosif, ancien moine accusé de sorcellerie et toujours là pour énerver le drac de la bande ! Philippe Auribeau arrive à doter à chaque personnage d’une voix propre qui est tantôt amusante, tantôt agaçante. Le seul héros réellement raté est le capitaine Clément-Lefert qui se comporte souvent comme un enfant grincheux : il n’aime pas Mazarin, donc faisant fi de l’honneur, refuse de reformer les Lames, ce qui met en danger ses hommes par son absence. Puis, finalement, quand il voit bien que ces derniers risquent de mourir, accepte finalement en grommelant. Scénaristiquement, ce passage est un peu facile…

L’Héritage de Richelieu est un bon roman d’aventures qui ravira les fans de la première heure des Lames du Cardinal. Malgré quelques facilités dans le scénario, on est rapidement capté par l’intrigue qui nous permet d’explorer une époque qu’on ne voit souvent que dans les films. Philippe Auribeau réalise un hommage réussi du roman de capes et d’épées, tout en approfondissant un univers à succès mêlant dragons, bretteurs émérites et magie.

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