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Ce que je retiens de cette semaine #3

Par Manu
23 décembre 2013

Ça y est, Noël approche, l'hiver est là, et les trailers continuent de tomber pour nous donner un aperçu du programme ciné de 2014. Des trailers qui se suivent et commencent fortement à tous se ressembler, au point de se demander s'il est encore possible d'être original dans un paysage créatif formaté pour fonctionner. 

PS : Je vous jure, un jour je parlerai d'autre chose que de SF.

 

* Je vous demande de m'excuser, mais pour cause de mariage et d'achats de Noël, je n'ai pas pu livrer cette rubrique ce week-end.

Ce que je retiens de cette semaine #3
1 - Où est passée la vraie SF ?
2 - Un nouvel espoir ?
1. | Où est passée la vraie SF ?


Disclaimer : les remarques qui suivent sont en partie inspirées par un trailer, sans avoir vu le produit final. Elles reflètent donc les impressions données par ce trailer, mais le film pourrait bien entendu me donner tort.

En 1966, Gene Roddenberry créait la série TV Star Trek. Une série présentant de nombreux concepts encore inédits, et affichant un progressisme rare (inexistant ?) pour l'époque. Une série destinée à devenir l'une des plus grandes et plus longues saga de SF de l'histoire. Et pourtant si on mettait devant un enfant de 2013, il ne tiendrait pas 5 minutes (je parle de la série originale). Pourquoi ? Et bien entre autre parce que c'est lent, qu'il y a peu d'action et qu'il y avait très peu d'effets visuels (qui auraient de toute façon mal vieilli). J'avoue moi-même avoir parfois du mal à tenir devant des épisodes de 48 minutes dont on a compris le concept dans le premier quart d'heure, mais je le répète, ces concepts étaient inédits à l'époque.

En 2009 JJ. Abrams relance la franchise au cinéma dans un reboot hâletant bourré d'action, d'effets (surtout le lense flare). A l'opposé de l'esprit original de la série (et de ses concepts de base), il nous montre ce qu'attend le public aujourd'hui. Le grand public signe tout de suite et se déclare fan de la franchise.

Là où je veux en venir, c'est que j'ai du mal à retrouver aujourd'hui de la science-fiction intelligente au cinéma, qui me fait rêver et réfléchir sans faire de concessions au grand spectacle. Ça m'a sauté aux yeux cette semaine lorsque j'ai vu le trailer de Transcendence. Le protégé de Christopher Nolan se lance en solo et va faire la même boulette que tout le monde : prendre un concept intéressant, et passer totalement à côté pour montrer de grands effets spéciaux. Le concept du film était vraiment intelligent et aurait pu lancer une vraie réflexion sur l'intelligence artificielle, sur l'intégrisme humaniste, sur le transhumanisme. Et pourtant on a l'impression de voir le plot du film se dérouler sous nos yeux dans le trailer, et ça ne va pas dans un sens très intéressant. Super, un homme va être intégré dans une machine et devenir omniscient, omnipotent. Passons sur le fait qu'il semble sur le point d'accomplir des prouesses magiques (à partir du moment où les effets sont cools et qu'on traite d'un sujet que le public ne connait pas parfaitement, on peut faire de la magie, ça passe). Mais les gars : l'homme qui obtient des pouvoirs de quasi-dieu et qui en pète un plomb... et bien c'était le thème de l'un des premiers épisodes de Star Trek, diffusé le 22 septembre 1966. Merci.

Je passe pour un vieux c** à me plaindre des reboots de Total Recall, RoboCop, ou à dire que Star Trek c'était mieux avant. Mais oui ces films avaient un fond autrefois, là où aujourd'hui ils ne sont plus que des images. Et si je me prends parfois au jeu je ne peux que regretter une époque où l'ambition était autre que celle des dollars à foison. Rencontre du Troisième Type, 2001 Odyssée de l'Espace ou même plus récemment Bienvenue à Gattaca, ces films seraient-ils encore financés aujourd'hui ?

L'an dernier, Looper m'a donné espoir. Un film sur le voyage dans le temps qui semblaient à peu près maîtrisé. Mais Ryan Johnson n'a pas pu s'empêcher d'y coller de la télékinésie pour placer des scènes visuellement cool, et des incohérences temporelles dignes de la comédie dans le même but. A côté, un film comme Primer, ayant coûté 7 000 dollars, passe totalement inaperçu et est probablement ce qui se rapproche le plus d'une réflexion sensée sur les paradoxes temporels (attention, il n'est pas exempt de défauts).

 

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