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En attendant les Utopiales 2015 #1 : Harrison Squared (V.O.) de Daryl Gregory

Par -- David --
26 octobre 2015
En attendant les Utopiales 2015 #1 : Harrison Squared (V.O.) de Daryl Gregory

De plus en plus, écrire du Young Adult se révèle comme un passage obligé pour les auteurs anglophones. Nous retrouvons ainsi Brandon Sanderson avec le cycle Reckonners, Ian Mc Donald avec Everness ou encore Paolo Bacigalupi avec Ferrailleurs des Mers. Un nouvel arrivant vient s’ajouter à cette liste : Daryl Gregory avec son livre Harrison Squared. Sa présence n’est pas une surprise. Il était évident qu’il allait s’y attaquer à son tour tant il aime jouer avec les codes des genres pour mieux les réinventer. Il suffit de lire les deux livres sortis aux éditions du Bélial’ pour s’en convaincre. L’éducation de Tony Mayhall s’amuse avec les codes du récit de zombies et Nous allons tous très bien, merci avec celui de l’horreur.

Harrison Squared possède d’ailleurs des connexions avec ce dernier.Daryl Gregory raconte dans ce livre les causes du traumatisme qui conduiront Harrison à pratiquer une thérapie de groupe. Le lien entre ces deux livres se joue à deux niveaux : l’auteur propose à la fois les aventures de la jeunesse de son héros, mais aussi une véritable mise en abyme de son œuvre lorsqu’il fait plusieurs fois référence au livre Harrison Squared à l’intérieur de Nous allons très bien, merci. Le personnage du vieux Harrison y explique, avec un certain mépris, que l’on a fait des livres pour enfants des événements traumatisants qu’il a subis adolescent.


 

L’histoire d’Harrison Squared débute par un flashback. Le héros se remémore le moment de l’accident en mer qui lui a coûté la vie de son père ainsi que sa jambe droite. Il lui reste que des bribes de souvenirs de cet événement, des images fugaces comme celle d’un tentacule monstrueux le tirer vers les profondeurs. Il questionne sa mémoire se demandant ce qui est réel de ce qui est recomposé avec le temps. La seule certitude qui persiste derrière ce brouillard est qu’il garde depuis une peur de l’océan. La disparition de sa mère au large de Dunnsmouth, petite bourgade de Nouvelle-Angleterre, va l’obliger à reconsidérer sa phobie et à renouer avec les événements de son passé. Harrison va mettre tout en œuvre pour retrouver sa mère. Au gré de ses rencontres, il trouvera des alliés étranges pour l’aider dans sa quête.

Les bases du récit se révèlent très classiques comme à son habitude, l’auteur s’accapare d’ingrédients connus pour en faire un récit à sa sauce. Ici, il mêle un personnage construit comme Harry Potter dans un univers empreint de mythologie Lovecraftienne. Dunnsmouth, le lieu de l’histoire, ressemble à s’y méprendre à Innsmouth la ville tirée de la nouvelle de H.P. Lovecraft, Des ombres sur Innsmouth. Les créatures que rencontre Harrison paraissent, elles aussi, tout droit sorties de l’esprit du maître de l’horreur.

À la lecture, on a l’impression que Daryl Gregory éprouve une forme de jubilation à mélanger deux univers que tout oppose. Le résultat de ce savant mélange se trouve à la hauteur des références qu’il emploie, une histoire rythmée, fun, où se mêlent des références geeks comme une blague récurrente sur Aquaman. Harrison Squared se révèle comme un véritable plaisir de lecture qui attend juste d’être traduit pour rencontrer son public francophone.

En attendant les Utopiales 2015 #1 : Harrison Squared (V.O.) de Daryl Gregory