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Utopiales 2015 : Les courts métrages

Par Strafeur
9 novembre 2015

Chaque année, les Utopiales organisent une compétition internationale de courts métrages aux termes de laquelle différents titres sont remis par le jury, mais également par le vote des spectateurs. 

Nouveauté cette année, Canal + est partenaire de l'évènement. Et si Vincent Bolloré n'en a surement pas eu écho, cette collaboration permettra à l'un des courts d'être acheté par la chaine et de bénéficier de diffusion ainsi que de promotion de la part de cette dernière.

Nous vous proposons aujourd'hui de revenir sur l'ensemble de la programmation, session par session, en vous délivrant nos impressions, nos coups de coeur mais également le référencement de ceux disponibles sur la toile.

Utopiales 2015 : Les courts métrages
1 - Session 1 - 79'
2 - Session 2 - 84'
3 - Session 3 - 92'
4 - Palmarès
1. | Session 1 - 79'

L'intitulé des sessions de courts métrages n'a rien de bien mystérieux, il s'agit en fait que du temps cumulé des différentes projections. 

Avant - Arthur Tabuteau - 13'


Financé grâce à une campagne Ulule, Avant était dévoilé en première française en ouverture de la compétition internationale de courts métrages. Le court met en scène Yanis Richard, un petit enfant livré à lui même dans un monde où l'Homme et les machines sont en guerre. Visiblement ces dernières ont pris le dessus et l'espèce humaine n'est plus que du gibier. C'est dans ce contexte que cet enfant va faire la rencontre d'un robot avec lequel il tissera une relation particulière et éphémère, laissant entrevoir une alternative à leurs conditions respectives.

Un bon moment passé en compagnie de ces deux personnages qui cristallisent les relations difficiles pouvant se développer en temps de guerre.

Becoming One - Tom Haig - 3'

Clairement notre coup de coeur de la journée. Le réalisateur anglais met en lumière la perversité de notre société sur-connectée en y développant le rapport entre individualité et connectivité. Avec l'apparition et l'évolution constante de solutions proposant et calculant en amont nos moindres questionnement pour y répondre avant même que nous nous interrogions, Becoming One soulève la question d'un tel système et de son aboutissement. 

"And what if, in becoming one, we're becoming nothing ?"

The Looking Planet - Eric Anderson - 16'

Diffusé dans de très nombreux festivals à travers le monde, The Looking Planet a posé ses bagages aux Utopiales, le temps d'un week-end, afin de se dévoiler pour la première fois au public français. On y suit un ingénieur du cosmos, créateur de systèmes solaires au travers de la galaxie, et responsable de la présence de la Lune autour de notre planète. 

Techniquement très ambitieux, il souffre de quelques soucis de finition, à commencer par des ralentissements d'images, des rendus 3D pas toujours très propres, mais également d'oublis en post prod' (apparitions furtives de marqueurs de montage).
Il n'en reste pas moins un impressionnant travail truffé de références et de bon goût. Les transitions Movie Maker qui rappelleront le travail d'un certain George Lucas, la présence de spirale d'or sur les plans de construction... de quoi donner un aperçu des influences du réalisateur. 

100001 - Fabio Palmieri - 11'

Très certainement le court métrage que l'on aura le moins apprécié. En effet, cette production italienne dérangeante, vous happe et ne vous lâche pas durant une dizaine de minutes. Mettant en scène une femme dans un ascenseur s'emballant jusqu'au 100 0001ème étage, seul un bruit assourdissant vous accompagnera dans cette expérience étrange..

Deep Space - Bruno Tondeur - 7'

Quand Brandon est envoyé en mission pour la première fois par son Her Commander, il doit trouver une espèce intelligente au travers la galaxie. Ce qu'il ne semble pas prévoir, c'est le temps que cela va lui prendre. Un temps long, loin de sa femme et de son enfant laissés sur sa terre natale aux cotés du Herr Commander. Un temps long, loin de la chaleur des rapports charnels, loin de la tendresse, mais en compagnie d'extraterrestres en tout genre...

Complètement déjanté, ce court métrage belge aura fait rire toute la salle de projection des Utopiales. Un excellent moment gratifié par la réalisation tout en dessin des aventures de ce pauvre Brandon. 

Dark Was The Night - Sam McMullen - 18'

Présenté au public français pour la première fois, Dark Was The Night renfermait son lot de surprises.
Parfaite allégorie du coma d'un père et d'une fille, enfermés dans un vaisseau spatial, suite à un terrible accident de voiture, ce court métrage anglais était l'occasion de découvrir Daisy Waterstone, jeune actrice dont le futur semble tout dessiné dans le cinéma tant elle en impose à l'écran. 

Bénéficiant d'une réalisation sublime, il est un autre coup de coeur de la rédaction.

 Juliet - Marc-Henri Boulier - 11'

"Non mais de toute façon mon choix est déjà fait" ou encore "Finalement, j'ai bien fait de rester jusqu'à la fin" sont deux phrases sorties de la bouche de la même personne ayant assistée à la projection de Juliet

Dernière projection de cette première session de court métrage, Juliet est reparti des Utopiales avec le prix du public, rien que ça. Marc-Henri Boulier y imagine comment le monde pourrait être transformé grâce à l'évolution des sex-toys, devenant des androïds de l'amour, avant de prendre le contrôle de nos vies, la faute à une compagnie avide de profits (dont le design rappel une certaine pomme croquée). Déroulé à travers une réalisation intelligente, Juliet alterne les plans d'interviews, de publicités ou encore de moment de la vie en compagnie de ces nouveaux objets de plaisir, avant de nous mettre face aux dérives et conséquences en découlant.

Vous l'aurez compris, Juliet était l'un des courts métrages à voir absolument ! 

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