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Critique - Calame T.2 Les deux royaumes (Paul Beorn) : La conclusion d'une belle saga de fantasy française !

Par Louis - CINAK
3 min 15 avril 2021
Critique - Calame T.2 Les deux royaumes (Paul Beorn) : La conclusion d'une belle saga de fantasy française !
On a aimé
- Le système de magie
- Le rythme tambour battant
On a pas aimé

Maura pleura longtemps ces morts, cette guerre et ces tueries morbides. Dans une autre vie, qui sait, peut-être aurait-elle aimé ce garçon, l’aurai-elle embrassé, tenu dans ses bras… 

Calame : Les deux visages chez Bragelonne nous a indéniablement marqué. Entre récit iconoclaste, figures fortes et touchantes, système de magie diablement efficace, Calame de Paul Beorn est une véritable pépite pour l’imaginaire francophone. Calame : Les deux royaumes en est la suite et la conclusion logique de ce diptyque exceptionnel. Après les révélations du tome 1 et la découverte du mécanisme magique qui régit cet univers, Maura doit maintenant s’échapper et sauver ses camarades rebelles.

Après ces lignes, je considère que vous avez lu le tome 1 ! Spoiler alert ! Si vous cherchez à vous faire une idée du tome 1, voici l’avis de Syfantasy !

Nous l’avions vu dans la critique du tome 1 : la rébellion des femmes contre les lois liberticides du Roi-Lumière commençait à prendre de l’ampleur. L’histoire de Darren Dahl s’éclaircissait et les pouvoirs de Maura grandissaient. Mais pour comprendre parfaitement ce qui va suivre, un point sur le système de magie est à (re)faire. La magie des mintarran est somme toute très classique : certains naissent avec des facultés spéciales dans certains domaines. Par exemple, être un « archer-né » permet d’être extrêmement adroit à n’importe quel lancer.

En revanche, la magie du calame est extraordinaire : plus un grand nombre de gens croit en quelque chose, plus il a de chance de se matérialiser. Par exemple, si une foule de gens à travers le pays croit Darren Dahl indestructible, alors recevoir un boulet d’une catapulte ne l’empêchera pas de se relever… Paul Beorn reprend en fait à son compte le concept de la foi pour en faire un système de magie plus qu’original. On pourrait croire que l’auteur céderait à la facilité en lançant des « deus ex machina » à la volée pour sortir ses héros de toutes les embûches qu’ils pourraient rencontrer, mais il n’en est rien. Le calame a ses limites. Le calame est une drogue et rend fou ses utilisateurs, les poussant à des actes aberrants ou barbares, toujours en quête de plus de puissance s’ils n’ont pas un mental d’acier. Et si on abuse de son pouvoir, il s’épuise presque jusqu’à l’assèchement. Paul Beorn a réussi à trouver un bon équilibre à son système de magie avec de bons contre-pouvoirs, alors que le fondement même de son système aurait pu le faire déraper vers quelque chose d’absurde.

On en parlait précédemment (et en mauvais termes), lors de notre avis sur le tome 1, cette fois, les personnages secondaires ont pris de l’ampleur dans ce tome 2. Dans Les Deux visages, ils étaient plus qu’oubliables, mais dans Les Deux Royaumes, ils servent réellement le récit. Alejendro, le troubadour, cesse d’être le simple love-interest de Maura, pour devenir une arme au service du calame (en plus de permettre à l’auteur de nous servir de magnifiques chansons de son crû). On s’attache à ces personnages qu’on voit grandir aux côtés de Darren Dahl et de Maura. C’est une véritable qualité pour le roman, d’autant plus que l’histoire de la rébellion n’est plus simplement contée par Maura mais par toute cette tripotée de personnages. D’ailleurs, le style s’en ressent car chacun apporte un point de vue, un phrasé, une manière de pensée qui alimentent la profondeur de cette rébellion. Ils montrent tous que cette histoire n’est pas celle d’un seul homme mais bien la chevauchée de toute une troupe.

Comme à la fin du premier roman, on savait Maura proche de l’évasion, le récit est rythmé par sa fuite, les complots ourdis par toutes les factions du royaume et les tentatives pour nourrir le calame. A la lecture des Deux Royaumes, je peux dire que je ne me suis jamais ennuyé. Pas une seule fois. Paul Beorn a réussi à ménager le suspense en alternant entre récit rapporté et action du « présent » pour un résultat d’une fluidité exceptionnelle. 

Point important qu’il faut souligner et qui peut paraître de bon-sens, je conseille de relire le tome 1 avant de s’attaquer au tome 2, surtout si cela fait longtemps ! En effet, Paul Beorn ne nous prend pas par la main. Le récit ne sera pas coupé par de l’exposition ou par la ré-explication d’un point de vue. On a presque l’impression que ce n’est pas un tome 2 mais simplement la partie qui manquait au premier volume. Tout se suit sans accroc et il faut savoir s’accrocher au train en marche !

La série Calame est géniale. Elle possède tout ce qui fait LE roman de fantasy : une plume fluide, une bonne histoire, des personnages attachants, un système de magie simple et innovant, des choix moraux et surtout un souffle épique qui nous transporte aux côtés de ces rebelles qui voulaient simplement sauver leurs femmes et leurs filles d’une loi cruelle. Calame est LA série que je conseillerais à l’avenir à ceux qui veulent découvrir de la belle fantasy francophone.

Chez l’éditeur : https://www.bragelonne.fr/catalogue/9791028113247-les-deux-royaumes/

Où le trouver : https://livre.fnac.com/a15635339/Calame-Tome-2-Calame-T2-Les-Deux-Royaumes-Paul-Beorn

Crédit illustrateur : Mikael Bourgouin

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