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Critique – L’ancelot avançait en armes (Alex Nikolavitch) : un Lancelot démystifié !

Par Louis - CINAK
3 min 4 avril 2022
Critique – L’ancelot avançait en armes (Alex Nikolavitch) : un Lancelot démystifié !
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- Le réalisme historique
- La note Roméo & Juliette
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De Peter Pan à Uther Pendragon, Alex Nikolavitch aime revisiter les contes de notre enfance et cette fois il s’attaque au personnage ô combien fascinant de Lancelot du Lac. Et comme à chaque fois, l’auteur s’autorise un « pas de côté » ou un jeu de mot qui justifie une intrigue bien différente de la légende.

Lancelot devient « l’ancelot » du mot ancelot qui signifie « petit serviteur ». Nous commençons donc notre exploration de la Bretagne arthurienne aux côtés d’un jeune homme dont la légende n’a pas jugé bon de préserver le nom. Et ce jeune homme a été élevé par un ancien guerrier d’Uther Pendragon et qui a fui la Bretagne lors de la chute de ce dernier. Mais le père adoptif du garçon vient de s’éteindre et l’ancelot décide donc de rejoindre le roi Arthur, fraîchement couronné et qui recherche des hommes prêts à servir la Bretagne !

Arrivé en Bretagne, l’ancelot fait la rencontre d’une chienne aux comportements étranges, presque surnaturels, et qui semble le guider partout où il va. Il fera également la rencontre de nombreux ennemis, comme tout bon conte, et en apprendra davantage sur lui-même en les combattant qu’en des années d’introspection. Cet aspect typiquement arthurien des contes et légendes est parfaitement rendu par le style d’écriture très personnel de l’auteur, qui fait progressivement évoluer les pensées de son personnage. L’ancelot « devient un homme » dans ce récit : adulte, mature, réfléchi et volontaire. Son personnage joue toujours entre l’ombre et la lumière : il doit parfois tuer pour préserver et cela le torture. Il a cette envie de protéger et servir chevillée au corps mais il est terrifié à l’idée de devenir un monstre. Avec l’ancelot, Alex Nikolavitch signe un personnage plus complexe que la légende.

Que ne serait l’ancelot sans sa Guenièvre, qu’il rencontre de manière surprenante et sans se douter un instant qu’elle deviendra sa reine. Et elle non plus d’ailleurs, ce qui permet à l’auteur de poser les jalons du désastre à venir que tout le monde connaît (la trahison de Lancelot et la mort d’Arthur) et qui devrait advenir dans un prochain roman de l’auteur. Désastre qui est presque touchant car, fort de notre connaissance de légende, les deux amoureux prennent des allures de Roméo & Juliette (surtout que le nom du fiancé de Guenièvre n’est jamais connu par l’ancelot). Ce roman est une belle promesse de tensions à venir !

Le récit est rempli de touches de mysticisme mais aussi d’un net désir de l’auteur de dépeindre une Bretagne fidèle à l’Histoire : l’ancelot croise des petits villages sous les menaces saxonnes, mais aussi des villes où l’influence romaine est encore très forte. Les bandes de guerriers sont également plus petites – 10 hommes peuvent faire la différence dans un combat, très loin des clichés hollywoodiens ! Comme dans son précédent roman arthurien, Trois coracles cinglaient le rivage, les tenues sont frusques et les routes ne sont pas toutes pavées. Nous sommes au début du Moyen-Âge et cela se sent et c’est pour le mieux !

Fouillé, recherché et bien construit, L’ancelot avançait en armes est une réussite pour l’auteur qui cherche à démystifier la légende arthurienne (sans oublier la magie cependant). Il annonce un roman explosif et plein de tensions avec la rencontre future avec le roi Arthur ! Une belle affaire à suivre donc !

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