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Critique - Les Tambours du Dieu Noir (P. Djéli Clark) : 2 novellas dans des ambiances marquées et peu connues

Par Louis - CINAK
3 min 5 juillet 2021
Critique - Les Tambours du Dieu Noir (P. Djéli Clark) : 2 novellas dans des ambiances marquées et peu connues
On a aimé
- L'ambiance (bayou & Caire)
- L'enquête au Caire
On a pas aimé
- La lecture parfois complexe du créole

Fatma el-Sha'arawi, agente spéciale du ministère égyptien de l'Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles, examinait le cadavre vautré sur le gigantesque divan à travers des lunettes spectrales.
Un djinn.

P. Djèli Clark est historien et étudie notamment l’esclavage et l’émancipation dans le monde américain et atlantique. Et il est justement question d’Amérique et d’émancipation des esclaves dans l’une des novellas proposées par l’Atalante : Les Tambours du dieu noir.

Dans Les Tambours du noir, titre de la première novella et du recueil, on suit l’enquête d’une jeune monte-en-l’air possédée par un ancien dieu africain, arrivé avec les esclaves, dans une Louisiane indépendante, dans les années 1880. Jacqueline « La Vrille » découvre que des Sécessionistes esclavagistes ont la ferme intention de mettre la main sur une arme capable de ravager des flottes entières et elle compte bien les en empêcher avec une capitaine de zeppelin, car si les Sudistes venaient à gagner la guerre avec le Nord, la Louisiane serait sur la suivante sur leur liste.

Les Tambours du dieu noir est une novella étonnante, déjà par son uchronie qui positionne les Caraïbes comme un hub à la pointe de la technologie, capable de rivaliser avec les empires napoléoniens et britanniques, tout en affermissant la volonté d’émancipation des esclaves noirs ayant servis à coloniser les îles. De plus, le style est bien particulier : certains passages sont écrits en créole donnant parfois du mal à notre esprit de lecteur néophyte de comprendre certains dialogues mais donnant une impression de réel ! Chapeau à la traductrice Mathilde Montier !

La seconde novella L’Etrange affaire du djinn du Caire a ma préférence cependant car elle touche à ma fibre orientaliste. L’enquêtrice Fatma el-Sha’arawi mène l’enquête pour le compte du ministère égyptien de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles. En effet, un djinn, être immortel, se serait suicidé dans des circonstances étranges : son corps est retrouvé au cœur d’une glyphe et complètement vidé de son sang ! L’occasion pour l’auteur de nous faire découvrir un Caire à la pointe de la technologie grâce au savoir des djinns et des anges. D’anges ? Oui, oui des êtres de lumières seraient descendus du ciel et les Hommes les considèreraient comme des anges car ils parlent au nom d’un certain Tout-Puissant. Pour vivre parmi les Hommes, ils se sont enfermés dans des armures géantes entièrement métalliques. Tout cet ensemble d’êtres surnaturels et cette atmosphère entre modernité et orient archaïque donne un vrai cachet à l’univers et à l’enquête qui révélera… non je ne dirais rien pour vous laisser découvrir le plot twist !

Certes, il s’agit de 2 novellas, donc le livre est assez court, mais le prix (12.90 €) est raisonnable et les deux écrits de P. Djèli Clark nous transportent dans un ailleurs que l’on n’a peu coutume de fréquenter (le bayou et un Caire magique), ce qui compense amplement la petitesse du recueil. L’auteur est indéniablement un novelliste à suivre !

 

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Crédit illustrateur : Benjamin Carré

 

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