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Le cinéaste Abe Forsythe (Little Monsters) vient remplacer Neil Blomkamp sur Robocop Returns

Par Corentin
21 novembre 2019

Ne cherchant pas à tirer la moindre leçon de l'échec du dernier volet de la saga Terminator, de l'échec du dernier Predator, voire de leur propre échec sur le Robocop de 2014, la MGM persiste : il y aura bien du flic robot dans les années à venir au cinéma.

Dans la catégorie des sagas que l'aura tenté, trop longtemps, de maintenir sous respirateur artificiel, Robocop, monument des années 1980, demeure une obsession de studio depuis ces quelques dernières années. En juillet 2018, la Metro-Goldwyn-Mayer annonçait l'arrivée du metteur en scène Neil Blomkamp sur le projet Robocop Returns, nouvelle relance du cyber-flic écrite par les scénariste du premier film de Paul Verhoeven en 1987, Michael Miner et Edward Neumeier.
 
En résumé, un petit génie du design sur une histoire pilotée par les auteurs du long-métrage originel, une perspective enthousiasmante sur le papier, et qui promettait de tourner une page dans la cinématographie de Blomkamp après les expériences conduites chez Oats Studios. De quoi faire passer la pilule dans cette énième tentative de justifier la "franchise" Robocop, soutenue par l'armature d'un premier film extraordinaire, suivi de suites besogneuses, massacrées par le studio, et d'un dernier volet en date intéressant mais consensuel et qui ne sera pas parvenu à créer l'engouement. 
 
En définitive, Blomkamp aura quitté le projet à la dernière minute - et sans explications. Beaucoup s'imaginent que la vision du cinéaste aura posé quelques problèmes à la MGM, ou que ce-dernier, plus à l'aise en indépendant, n'aura simplement pas voulu transiger. Du reste, le studio se tourne aujourd'hui vers le réalisateur Abraham Forsythe, Australien, et auteur du récent Little Monsters avec Lupita Nyong'o. Plus habitué à la comédie, le bonhomme aura également signé Computer Boy, une parodie de The Matrix, ainsi que la comédie noire Down Under sur les émeutes des quartiers périphériques de Sydney. 
 
Un fond de politique pour un metteur en scène forcément moins spécialiste de la science-fiction, et qui ramène le projet Robocop Returns à une nouvelle déclinaison de modèle. Sans information sur les raisons du départ de Blomkamp, la crainte serait de retrouver une équipe de producteurs ne cherchant pas à comprendre quoi que ce soit de ces dernières années de projets préfabriqués - et imiter des modèles qui ne fonctionnent plus (comme les suites "sélectives", la repompe des schémas narratifs originaux, les répliques cultes balancées aléatoirement, etc). A voir, Forsythe parviendra peut-être à quelque chose d'honnête, à défaut de révolutionner l'esthétique de la saga.
 

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