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Critique - La Tour des fous (Andrzej Sapkowski) : Une nouvelle trilogie après le Sorceleur

Par Baalooos - Charles-Edouard
5 min 28 février 2022
Critique - La Tour des fous (Andrzej Sapkowski) : Une nouvelle trilogie après le Sorceleur
On a aimé
- L’aventure
- La petite touche de fantastique
On n'a pas aimé
- La foultitude de détails historiques
- La quantité de noms à retenir

Après l’immense succès de la saga The Witcher grâce, notamment, à l’adaptation en jeux vidéo mais aussi grâce à la série Netflix avec Henry Cavill en Geralt de Riv, Andrzej Sapkowski revient avec une nouvelle trilogie, sise cette fois dans notre monde, pour nous emporter dans une visite de la Bohème du XVème siècle où cohabitent chevalerie, extrémisme religieux et magie ! 

Dans ce premier tome, nous suivons les aventures de Reinmar von Bielau qui, après une amourette avec une dame mariée dont il s’est follement épris, se retrouve en cavale à travers la Bohème, région historiquement à cheval sur l’Allemagne et l’actuelle Tchéquie. Toujours guidé par l’amour et poursuivi par les frères du mari trompé, il aura la chance de rencontrer de fidèles compagnons. Ses péripéties lui donneront ainsi l’occasion de se frotter à la Sainte Inquisition et à un groupe de chevaliers aux pouvoirs démoniaques.

La Tour des fous tourne essentiellement autour du personnage de Reinmar, aussi appelé Reynevan, jeune noble ayant fait des études de médecine et ayant été initié à la magie. Il va s’attirer de nombreux ennuis à cause notamment de son amour du beau sexe et des femmes mariées. Au cours de son périple, il va rencontrer de mystérieux compagnons qui tenteront surtout de le protéger de lui-même. Ces étranges compagnons, dont nous ne savons pas encore grand-chose, lui serviront tout à la fois de gardes du corps, d’objecteurs de conscience et de compagnons d’infortune, apportant du relief à ce récit, contrepoint très agréable au personnage parfois trop prévisible de Reynevan.

Dans ce roman, Sapkowski resuscite la tradition du roman picaresque, Reinmar joue merveilleusement le rôle de l’antihéros amateur de femmes mariées avec un twist : en effet, il est bien né et ne s’abaisserait jamais à user de subterfuges pour arriver à ses fins. A l’inverse, ses compagnons sont beaucoup plus retors, ce qui donnera lieu à d’intéressants débats philosophiques pour savoir si, parfois, la fin peut justifier les moyens. Dans un style direct et sans détour, l’auteur nous fait vibrer et trembler pour ce sympathique jeune homme toujours prêt à secourir la veuve et l’orphelin, même s’il sait que les choses se finiront mal pour lui.

Dans la Tour des fous, l’auteur nous fait découvrir le contexte géopolitique de l’est de l’Europe au XVème siècle, et notamment l’épisode des croisades Hussites. Il s’agit d’une période que l’auteur nous présente avec une précision et un détail digne d’un étudiant en histoire frôlant parfois la surdose, notamment sur les noms des familles nobles. On découvre aussi (pour ma part au moins) l’église hussite et ce qui la sépare de sa sœur romaine, on a même le droit à un certain nombre d’échanges entre des tenants des deux églises, ce qui nous permet de mieux appréhender les enjeux de l’époque. A tout cela, l’auteur ajoute une touche de magie et d’occultisme bienvenue car elle apporte en effet de la légèreté dans une Europe très sombre et conflictuelle.

Récit d’aventure ancré dans le monde réel, la Tour des fous est un excellent démarrage pour cette nouvelle trilogie, une chevauchée effrénée qui nous fait découvrir la Bohème du XVème siècle aux côtés de personnages attachants et complexes. Une lecture à recommander à tous les fans en manque, après avoir fini de dévorer les aventures du Sorceleur.

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