Critiques

L'Assassin Royal, adapté en roman graphique

Par Maxime - Carraz
3 min 17 novembre 2022
L'Assassin Royal, adapté en roman graphique
On a aimé
- De quoi faire revivre une des meilleures Saga de la littérature !
- Des auteurs, des artistes de grands fous pour mener ce travail
On n'a pas aimé
- Mérite peut-être plus de tomes ?

L'éditeur Dark Horse Comics s'est lancé dans l'adaptation de L'Assassin Royal, ce chef-d'oeuvre de Robin Hobb, en bande-dessinée. Il s'agira d'une série en six épisodes.

 

Le projet, les auteurs.

 

Dark Horse Comics est une maison connue pour de nombreux titres populaires ; Fank Miller y a publié les premières planches de Sin City, et Hellboy, de Mike Mignola, également y a vu le jour pour la première fois. Vous avez peut-être entendu parler de Beastland, ou bien de Winds of Numa Sera, deux séries de Fantasy d'extrêmement bonne qualité.

 

 

L'adaptation de L'Assassin Royal est menée par la superbe Jody Houser, autrice professionnelle de Comics, nominée en 2017 pour le Eisner Award pour son travail sur Faith. À vrai dire, vous avez sûrement déjà croisé son style : elle a également fait les comics : Stranger ThingsStarcraftCritical Role (qui est devenu un New-York Times Best Seller en 2020) chez Dark Horse Comics, quelques Justice League chez DC, et plusieurs StarWars chez Marvel. Mais elle n'était pas seule à construire cette adaptation : au dessin, était Ryan Kelly, à la couleur, Jordie Bellaire, tandis qu'Anna Steinbauer s'est occupé de la couverture.

 

 

Quant à Robin Hobb, eh bien... si jamais vous ne connaissez pas, vous pouvez courir en librairie vous jeter sur le premier cycle de L'Assassin Royal, qui est sans aucun doute un des plus grands chef-d'oeuvre de la Fantasy de langue anglaise, voire de la littérature en général ; vous pouvez faire confiance de plus à la traduction d'Arnaud Mousnier-Lompré, qui jette un style comme des mémoires du 18e siècle modernisé, sur un récit qui n'est pas moins haletant que profond : c'est dans ce genre de romans, qu'on se rappelle qu'on ne vit une histoire que par l'empathie qu'on porte envers ceux qui la subissent - et ce bon Fitz-Chevalerie, qu'on l'aime ou non, est si vrai qu'on ne saurait mépriser ses peines ni ses joies.

Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez jeter un oeil à ce dossier, qui vous parle des différents cycles écrits par Robin Hobb - chacun a ses partisans.

 

L'interview croisée.

 

Robin Hobb et Jody Houser ont bien voulu donner une interview à notre confrère américain Joe Auerbach, de manière que nous sommes en mesure de vous préciser la forme que prendra l'adaptation (nous nous sommes permis librement des coupures, afin de ne conserver que les parties essentielles de l'interview) :

 

Jody, comment envisagez-vous l'adaptation d'un roman ? Je veux dire, vous avez créé des Comics à partir d'univers existants, mais à travers des scénarios originaux. En quoi le processus est-il ici différent ?

Jody : Le respect envers le texte est ici essentiel. Mais il s'agit tout de même de transposer la narration en images. Évidemment, vous ne voulez pas cacher tous les visuels derrière d'énormes blocs de textes ! Alors vous devez garder l'équilibre entre votre loyauté pour ce qui constitue l'histoire, son noyau, et la qualité des compositions qui la fait fonctionner sur cet autre médium.

 

 

Comment s'est passée votre collaboration, dans la création de ce Comics ?

Robin : J'ai toujours cru en l'importance de laisser s'exprimer la créativité d'autrui lorsqu'il s'agit de travailler à plusieurs. Alors, j'ai mis mes mains dans mes poches et je regardais. Je n'intervenais qu'en cas d'erreurs, qui auraient fait tiquer les lecteurs : "Non, Royal ne peut pas être blond", par exemple. Autrement, c'était un vrai plaisir de voir toutes les idées de Jody se développer dans son travail.

Jody : Sur ce point, le rôle des éditeurs est clé ! Ce sont eux qui coordonent toute l'équipe, y compris Robin, et s'assurent que chacun est à la page. Ils assignent à chacun les tâches où il est le meilleur, et n'hésitent pas à intervenir pour partager leurs expériences de lecture. De bons éditeurs sont essentiels pour la réussite de ce genre de projets, où autant d'artistes doivent collaborer ensemble.

 

Le roman est particulier en ce qu'il maintient pendant neuf livres sa narration à la première personne, sans compter les épigraphes par lesquelles débute chaque chapitre. Était-ce un de vos objectifs de rendre cela dans le Comics ? Comment avez-vous réussi à le faire ?

Robin : Encore une fois, Jody. Pour moi, je restais à regarder, à moins qu'il n'y ait une connerie de faite - comme quand ils ont voulu faire un chat d'Oeil de Nuit... haha, non, je blague bien sûr.

Jody : Même si notre rôle est de transposer en image autant d'éléments que possible, le Comics intègre aisément des pages consacrées à la narration. Comme cette méthode fait partie du genre, ça s'intégrait bien à notre projet.

 

 

Pouvez-vous nous dire un élément qui devrait plaire aux lecteurs de longue date, et un qui fera s'accrocher les lecteurs qui ne connaissent pas encore L'Assassin Royal ?

Robin : Pour les vieux de la vieille, ce sera un plaisir de voir Fitz petit garçon, et de revivre ainsi une partie de son histoire. Pour ceux qui le découvriront avec le Comics, je crois qu'ils auront une première approche magnifique, qui les guidera merveilleusement vers ce qui va suivre.

Jody : Voir les Six-Duchés si bien dessinés, et mis en couleurs par Jordie Bellaire (!!!), sera réellement une occasion de redécouvrir cette histoire. Pour les nouveaux lecteurs, j'espère de tout coeur qu'ils voudront continuer à suivre Fitz, où que l'emmène sa nouvelle vie...

 

Et en France ?

 

À ce jour, aucune rumeur ne nous indique que le Comics arrivera chez nous. Cependant, il y a un espoir : en été 2023, Dark Horse Comics devrait rassembler les six tomes de la série en un volume unique, et il faut espérer qu'un éditeur français se saisissent de l'occasion pour acheter les droits de traduction.

Autrement, si vous êtes anglophone, vous devriez pouvoir le faire commander par votre libraire, et recevoir dès mi-décembre le premier tome, qui sera de 32 pages. En ce qui me concerne, je crois bien que je vais choisir cette option-là.

Si vous voulez lire l'interview originale (en anglais) par Joe Auerbach, c'est juste ici.