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H.R. Giger : l'artiste extra-terrestre de la saga Alien

Par AlexLeCoq
13 mai 2017

Il y a à peine trois ans, nous perdions Hans Ruedi Giger. Si ce nom ne vous dit rien, vous découvrirez dans les chapitres de ce dossier qu'il s'agit là d'un artiste unique en son genre qui a eu la chance de croiser la route de Ridley Scott (ou l'inverse) et donner vie au mythique Xénomorphe de la saga Alien. Son style est unique et mélange un univers sombre très sexualisé à des créatures étranges m-biologiques, mi-mécaniques. 

Une approche qui a inspiré des milliers d'artistes et reste pourtant inimitable. Qui est Hans Ruedi Giger ?


H.R. Giger : l'artiste extra-terrestre de la saga Alien
1 - Les yeux dans l'ombre
2 - Quand l'Alien rencontre l'alien
3 - Giger, l'art avant tout
1. | Les yeux dans l'ombre

S'il se dirige vers des études d'architecture grâce à son talent inné pour le dessin et la précision incroyable de son trait, H.R. Giger est passionné dès son plus jeune âge pour tout ce qui relève des univers noirs, qui le fascinent autant qu'ils l'effraient. Né en 1940 à Chur en Suisse, il vient d'une famille modeste dont le père était le pharmacien local. Un jour, pour fêter une promotion, Giger Senior rentre du travail avec un crâne humain.

C'est un déclic pour le jeune enfant qui est alors passionné par la puissance symbolique de l'objet représentant à la fois vie et mort. Il reste sur cette image pendant longtemps puisque cette découverte de jeunesse transparaîtra tout au long de sa carrière et de son œuvre. Giger est d'ailleurs né sous une bonne étoile puisque sa mère explique à de nombreuses occasions que si elle n'a jamais compris la fascination de son fils pour les univers étranges, elle a toujours été l'un de ses plus grands soutiens. Cet encouragement perpétuel lui permet très jeune de se focaliser sur la création et l'enrichissement de son propre univers. Il développe une passion pour les trains fantômes et se met à l'œuvre dans le jardin de ses parents pour en construire un, qu'il utilise pour effrayer ses ami(e)s.



En parallèle de son travail dans l'architecture, Giger n'a de cesse de dessiner et il devient rapidement un adepte de l'aérographie. Cette technique de peinture unique utilise un pistolet à air comprimé pour projeter l'encre sur la toile, ce qui la rend précise mais extrêmement difficile à maîtriser. C'est ainsi que notre ami commence à se faire un nom puisqu'il organise ses premières expositions. Éternel insatisfait, il préfère rapidement exposer avec d'autres artistes, de son propre aveu pour éviter d'avoir à contempler ses œuvres.

Malgré son travail à temps plein, la vie de Giger est orientée dans la maîtrise et le domptage du style qu'il nomme biomécanique, un mélange savant d'images biologiques et technologiques. Il va rapidement s'intéresser à Freud et tient un carnet dans lequel il décrit méthodiquement ses rêves pour pouvoir en extraire la sève et les retranscrire sur la toile. C'est dans cette même optique qu'il déménage en 1967 (à l'âge de 27 ans donc) dans l'appartement vide d'une maison abandonnée de Zurich.



A la fin des années 60, il décide, sur les conseils d'un ami, d'arrêter totalement son travail de designer pour se lancer à totalement dans l'art. Il réussit rapidement à se faire des contacts en Suisse et connait ses premiers clients, qui n'auront de cesse de promouvoir son art pourtant difficilement reçu à cause du caractère sexuel la plupart de ses toiles. Évidemment, son univers vient croiser la route de l'œuvre de H.P. Lovecraft, qui le passionne au point de sortir un recueil d'illustrations inspirés de l'œuvre du britannique, H.R. Giger's Necronomicon

Alors qu'il doit faire face au tragique suicide de sa compagne Li Tober après 9 ans de relation, sa première publication lui ouvre de nouvelles portes et lui permet de noyer son chagrin, puisqu'il est appelé aux USA pour travailler sur le projet d'un certain Alejandro Jodorowsky...

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