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Tout ce que vous devez savoir après avoir vu Star Wars VII

Par Sullivan
23 décembre 2015

— Attention, ce dossier est une fois de plus garanti plein de spoilers ! —

 
Serrée dans un montage frénétique qui ne laisse que peu de place à l'exposition, à l'exception peut-être de la scène nous présentant Maz Kanata, l'histoire de Star Wars VII peut toutefois compter sur la galaxie transmédia qui accompagne sa sortie, entre comics et romans notamment, pour densifier et/ou éclaircir quelques zones d'ombres laissées par J.J. Abrams et son équipe de post-production.
 
Écouter aussi : Wookie Leaks #6 - Nos (folles) théories sur l'après Star Wars VII

Ainsi, avant de vous confronter à toutes les théories sur le futur de la licence comme nous l'avons fait vendredi dernier, faites le plein de tous les compléments d'information officiels, allant de la véritable raison du réveil de R2 aux véritables sentiments de Kylo Ren en passant par l'âge et l'identité réelle des différents protagonistes (qui a dit Snoke ?). Et vous le verrez, il n'y a pas de trop d'un dossier pour tout brasser et découvrir le film et ses suites différemment, en plus de vous apporter quelques réponses à d'insoutenables mystères, voire même à des questions que vous ne vous posiez pas (encore). 
 
Enfin, si vous voulez vraiment tout savoir sur la saga, ne manquez pas le dossier sur les vraies influences de George Lucas, par Republ33k !

Tout ce que vous devez savoir après avoir vu Star Wars VII
1 - Ce que nous apprennent J.J. Abrams et Lawrence Kasdan
2 - La novélisation, source d'une tonne d'éclaircissements
3 - Quelques suppléments glanés ça et là
1. | Ce que nous apprennent J.J. Abrams et Lawrence Kasdan

Particulièrement loquaces à défaut de faire le tour du monde des plateaux TV, J.J. Abrams et Lawrence Kasdan ont joué la carte du classicisme en livrant une passionnante conférence pour la Guilde Américaine des Réalisateurs, sorte de panthéon Hollywoodien pour les vivants. Et si l'on peut regretter l'absence de Michael Ardnt, scénariste de Little Miss Sunshine recruté par Kathleen Kennedy et Bob Iger avant de voir son scénario (très inspiré de l'ancien univers étendu) en partie remanié, les deux compères du script nous ont offert quelques éclaircissements précieux par rapport à quelques éléments débattables du film. 

Et si c'est bien sur cette poignée d'explications plus ou moins recevables (notamment en ce qui concerne le réveil de R2-D2) que je vais m'attarder ci-dessous, je vous conseille vivement de consacrer une demi-heure à l'écoute d'un échange qui nous en apprend énormément sur la vision très spirituelle de Star Wars qu'a J.J. Abrams, interrogé par un Lawrence Kasdan dont les questions font mouche. 


— Le réveil de R2-D2

Sûrement le point le plus soulevé par les fans et le grand public après chaque séance de Star Wars - The Force Awakens, la question du réveil de R2-D2 pouvait puiser dans le background très spirituel qui unit Luke à son Droïde favori, ou encore dans le fait que le sabre d'Anakin pourrait être le réceptacle de la force et d'un degré intangible de pouvoir amenant R2 à se réveiller. Mieux encore, on pouvait imaginer, grâce au plan d'illustration où Luke pose sa main sur la tête ronde de son co-pilote, que c'est Skywalker lui-même, sentant la mort de Han Solo et le trouble revenir au sein de la force, qui aurait programmé R2 à se réveiller à ce moment précis.

Il n'en est pourtant rien, et si je trouve globalement les gens très durs avec les soi-disant incohérences du film (qui trouvent toutes ou presque une justification dès lors que l'on accorde au film le droit de se développer dans des médias connexes, à partir du moment où Hollywood impose des montages beaucoup trop courts pour tout justifier et parvenir à tout raconter), la pilule a du mal à passer au sujet de R2. 

En effet, selon le réalisateur et les scénaristes du film (puisque l'info' a été donnée en compagnie de Michael Ardnt, qui voulait au départ s'appuyer sur l'idée que R2 possède les données impériales de la première trilogie, qui s'avèrent utiles aujourd'hui, mais cette idée a été refusée par Abrams qui ne voulait pas que le film s'appuie et reproduise encore plus de schémas vieux de plus de 30 ans), c'est simplement parce que R2 entend la mention de l'archive impériale de la bouche de BB-8 (on imagine donc que c'est ce qu'il lui dit, quelque chose comme "Hey frère, t'aurais pas l'autre moitié de la carte ? Grosse galère, on doit trouver ton pote au bout de la galaxie") qu'il se réveille instantanément, sans plus de double-sens selon l'équipe du film. Vraie faiblesse ou justification ingénue ? Toujours est-il qu'il aurait peut-être été plus habile de moins insister sur le fait que le droïde est dans le coma sans son maître plus tôt dans le film, à moins que la justification puisse venir plus tard, autour de l'attaque de l'académie de Luke par Kylo Ren, sait-on jamais. 


— L'acte fondateur de Kylo Ren

Si l'on verra au prochain chapitre de ce dossier que c'est surtout la novélisation de The Force Awakens qui confirme certaines de nos interrogations autour du mystérieux Kylo Ren, interprété par le magnétique Adam Driver, J.J. Abrams a lui aussi commenté la nature "in progress" de son personnage, successeur de Dark Vador au sens propre comme au figuré :

“Star Wars a le plus grand méchant de l'histoire du cinéma. C'est donc évidemment compliqué d'amener un nouveau vilain dans un tel univers. On avait pour certitude que l'on devait faire quelque chose de fort. L'une des seules raisons pour lesquelles Kylo peut avoir du mérite en tant que successeur, c'est en nous faisant perdre un personnage qu'on aime tant. Bien avant que le film ait ce titre, l'idée était de raconter deux destins, dont celui du vilain. Mais pas un méchant tout-puissant, sûr de lui et de ses idées, plutôt son ascension. En tant que père et en tant qu'ami de parents, je sais ce que c'est que de voir ce combat, de faire partie de cette lutte. Je sais à quel point ça peut faire mal et à quel point tout ça est réel. Évidemment, ici, c'est une folle version extrapolée. Mais, si on avait pas fait ça [tuer Han Solo de la main de son fils Ben - Kylo Ren], le film n'aurait pas eu de consistance, ça nous paraissait dangereux.”

Confirmant l'idée d'un second miroir au sein du miroir entre Rey et Kylo Ren (avant de mieux se lier plus tard dans la trilogie en tant que représentants respectifs de Luke et Anakin, face à une menace qui englobe toute la saga ? Je pose ça là.), Abrams justifie complètement l'acte de Ben comme une catharsis émotionnelle pour le film, bien pratique à partir du moment où Harrison Ford était partant pour un épisode seulement. On notera aussi que l'alter-ego d'Indiana Jones aurait touché 20 millions d'euros de cachet, tandis que Daisy Ridley et John Boyega ont touché entre 100 000 et 300 000 euros chacun. C'est sûr, ça rapporte d'être une légende. En revanche, malgré son approche d'un drame père-fils tout ce qu'il y a plus classique, Abrams ne s'attarde pas véritablement sur la personnalité profonde de Kylo, que l'on développera un peu plus loin. 


— Moins de Poe, plus de Luke !

Toujours dans le cadre de sa mini-tournée promo' très maitrisée, Abrams nous a confirmé ce que nous apprenait le sublime The Art of The Force Awakens (que je vous conseille mille fois, tant l'artbook est complet en concept-arts et en information - chronologique - sur le développement du film de Disney. Une merveille de making-of) : Poe Dameron devait au départ mourir du crash du Tie Fighter volé avec son BFF Finn. 

Pourtant, le scénario a vite fait de la place à l'excellent Oscar Isaac (dont l'alter-ego est né sur Yavin IV autour du retour du Jedi, faisant référence au fait que Yavin ait été tourné au Guatemala, lieu de naissance de l'acteur), quitte à se permettre un gros raccourci avec son retour miraculeux. Un retour justifié une fois de plus dans la novélisation, preuve que le film avait bel et bien considéré ces questions, sacrifiées sur l'autel du montage qui permettait de faire un maximum de séances au quotidien. 

Autre personnage au destin bien différent entre la version finale du film et son premier jet, Luke Skywalker devait faire son retour plus tôt dans le film, mais Abrams n'a jamais réussi à gérer l'aura du personnage, qui prenait d'emblée toute la place dans le scénario et à l'écran, l'empathie du public pour son destin tragique étant trop importante selon lui. Intéressant de noter que le réalisateur évoque un Luke de retour en première ligne sabre à la main, lui dont on ne connait toujours pas le véritable état mental après la "trahison" de Ben Solo. 


— Les scènes coupées

Vous êtes nombreux à l'avoir remarqué : Star Wars fait comme ses compères à Hollywood et nous offre des trailers bourrés d'images qui ne figurent pas dans le montage final du film. Champion toutes catégories, The Force Awakens se permet de se passer de plans particulièrement puissants, celui où Kylo Ren allume son sabre dans le trailer #1 en étant sûrement l'exemple le plus criant. 

D'autres curieux auront aussi notés que le mystérieux Constable Zuvio - qui n'est pas la victime des Ren contrairement à ce que raconte une légende de la toile, qui faisait parti des toys officiels du film à l'occasion du Force Friday, n'était finalement ni important, ni même dans le film. Une énième preuve de coupes brutales par rapport au premier montage, qui faisait la part belle à un malfrat de Jakku, aux côtés de Maz Kanata qui tend le sabre à Leïa (symbole là aussi d'un vrai morceau manquant, puisque les deux personnages ne se croisent pas dans le film) et j'en passe. Le réalisateur nous explique que c'est une question de poids par rapport au rythme de son film, lui qui se contente officiellement de cette version amputée. 

Quant à la question de la Director's Cut, plusieurs fans ont déjà prévu de s'organiser pour se faire entendre par Disney, qui pourrait bien vouloir capitaliser sur une seconde sortie du film, comme Avatar par exemple, notamment pour atteindre le record de box-office colossal du film de James Cameron, qui devrait être compliqué à décrocher sans deux-trois astuces de marketing bien placées. Évidemment, pas un mot là-dessus pour l'instant, vous imaginez bien pourquoi, mais ne soyez pas étonnés si une version longue 3D est annoncée autour de la sortie Blu-Ray de ce nous venons de voir en salles, pour faire un rappel de luxe avant de retourner se confronter à l'épisode VIII de Rian Johnson

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