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Critique – Les Contrées du Rêve (H.P. Lovecraft) : la fantasy lovecraftienne !

Par Louis - CINAK
3 min 11 mai 2022
Critique – Les Contrées du Rêve (H.P. Lovecraft) : la fantasy lovecraftienne !
On a aimé
- Le world-building
- Les clins d'oeil à l'oeuvre toute entière
- Cette fantasy très romantique et d'aventures typique des années 20
On n'a pas aimé
- Les petites nouvelles qui sont souvent sans intérêt

On ne présente plus Lovecraft et son bestiaire cosmique, Cthulhu, Nyarlathotep… en revanche un pan entier de son œuvre est parfois boudé : c’est celle des contrées du rêve. Bien qu’émaillé de références connus des lecteurs de Lovecraft (Nyarlathotep est cité dans le roman La Quête onirique de Kadath l’inconnue), cet ensemble de nouvelles n’a presque rien à voir avec Cthulhu et l’Amérique horrifique des années 20. Très axé fantasy, nous y suivons des « rêveurs » qui explorent et habitent dans des contrées fantasmées.

L’entièreté de l’œuvre de Lovecraft s’est vue retraduite par un seul traducteur, David Camus, sous la houlette des éditions Mnémos et la maison d’édition s’attaque à des nouvelles qui parleront à ses grands fans. En effet, si vous êtes un aficionado de world-building et de name-dropping « à la Jack Vance » qui vous laisse imaginer des splendeurs antiques, vous allez être servi !

Certaines nouvelles ne valent pas le détour et ce sont souvent les plus courtes car elles ne laissent pas assez de temps au lecteur pour se plonger dans l’univers et en comprendre ses enjeux. En revanche, quand ces dernières dépassent les 10 pages (3/4 de l’ouvrage), quelle claque ! Je vais vous parler de quelques passages qui m’ont marqué et qui restent encore chevillés à mon esprit et qui mériteraient clairement une adaptation sonore ou d’animation.

L’Etrange maison haute dans la brume suit un professeur dans la force de l’âge qui vient de s’installer sur la côte. Intrigué par une maison qu’on dit maudite, plus haute sur la grève, et qui semble inaccessible, c’est avant tout par ennui qu’il cherche à la rejoindre. Et ce qu’il va y découvrir est très loin de l’horreur lovecraftienne. Au contraire, monts et merveilles lui sont contés, mais Lovecraft n’oublie pas d’y instiller des pointes de mystères qu’il ne fait pas bon de découvrir.

Le Bateau Blanc est une plongée au cœur des Contrées du Rêve, aux côtés d’un gardien de phare qui s’ennuie et qui aperçoit un étrange navire en bois blanc, qui l’emportera bientôt dans des cités merveilleuses et anciennes (d’où sourdent de vieilles histoires). Mais gare à celui qui veut sans cesse repousser les frontières des Contrées du Rêve, car les dieux guettent…

La Quête onirique de Kadath l’inconnue est le roman le plus décrié de l’œuvre de Lovecraft. Jugé trop long, trop incohérent par certains (je leur accorde des longueurs mais pas au point de s’ennuyer, loin de là !), il doit se lire dans la globalité de l’œuvre de Lovecraft. En effet, Randolph Carter, le protagoniste, croise nombre d’entités et de personnages abordés dans les précédentes nouvelles des Contrées du Rêve (rêveurs, chats d’Ulthar, Nyarlathotep, le sculpteur Pickman…) et le roman ne prend vraiment sens qu’à leur lecture. En termes de world-building, ce roman est une claque : cités millénaires, entités cosmiques, serviteurs des dieux, dieux terrestres, dieux extra-terrestres et des dizaines d’autres choses se pressent dans ce récit d’aventures et presque métaphysique !

Ce recueil des Contrées du Rêve des éditions Mnémos est une réussite, tant par sa traduction et que par son assemblage qui respecte au mieux le travail d’Howard Philips Lovecraft en nous octroyant le recul nécessaire pour en profiter pleinement, là où une lecture morcelée nous perdrait tant les Contrées du Rêve sont foisonnantes de vie !

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