Critiques

Ultramega Tome 1 - Kaiju à la sauce américaine indé

Par Darthfry - Nicolas
3 min 28 novembre 2022
Ultramega Tome 1 - Kaiju à la sauce américaine indé
On a aimé
Un ouvrage original
Une ambiance vraiment maitrisé
Un scenario complexe et plein de rebondissements
Une histoire prenante
On n'a pas aimé
Pas vraiment tout public

La mode des kaijus et de son pendant robotique géant semble ne jamais vouloir se terminer, accouchant de divers avatars plus ou moins réussis comme Pacific Rim ou Shin Godzilla au cinéma ou Kaiju n°8, Kaijumax, et une version comics d'Ultraman en bande dessinée. À croire que le filon se montre plus riche que prévu, j'ai donc découvert le premier tome d'Ultramega, un comics indé gore et âpre.

Le résumé

Une infection semble se répandre sur Terre, transformant certains de ses occupants en des Kaijus qui sèment la destruction autour d'eux. Trois hommes rêvent de la visite d'une entité juchée sur un œil géant qui leur demande de faire face aux Kaijus, car ceux-ci menacent l'univers. Ils héritent alors du pouvoir d'Ultramega qui leur permet de se transformer en géant capable de se mesurer à leurs ennemis. Mais tout ceci ne se fait pas sans conséquence pour les élus de ce pouvoir, car les Kaijus sont des adversaires coriaces.

Notre avis

Âmes sensibles s'abstenir, c'est la première chose à dire. En effet le monde, d'abord tout à fait actuel, puis post-apocalyptique, dépeint par James Harren est urbain, gris, âpre et les combats sont ultra violent, gores et sanglants. Le trait de ce dernier est parfaitement ajusté à tout cela, car le style est atypique mais il contribue à cette ambiance dépressive de fin du monde. À propos du trait de Harren, il ne plaira sans doute pas à tout le monde, car il s'éloigne des canons de beauté du mainstream pour épouser un look plus "indé", mais sublime l'ambiance du titre et les scènes d'action. Un trait qui n'est pas sans rappeler celui d'un Daniel Warren Warren Johnson, une star du comics d'abord passé par l'indé, dans sa façon de dépeindre l'action. La colorisation de Dave Stewart, toujours au top, colle au coté presque poisseux de l'ensemble.

 

Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir

De la même façon, le scénario n'est pas toujours très gai. Se succèdent démembrements et morts violentes dans de grands geysers de sangs, ayant pour conséquence de gros dégâts matériels et humains, alors que se multiplient les attaques de Kaijus et les infections. Le bien semble ne jamais pouvoir triompher alors que les Kaijus et les destructions se multiplient.

 

 

Vers la moitié de l'ouvrage, on quittera ceci dit le destruction porn, pour se focaliser sur des intrigues plus intimes, mais toujours aussi dramatiques.

L'ambiance, comme l'histoire, fait de ce livre un page-turner que l'on a du mal à lâcher avant la dernière page. Frustré de ne pas avoir toutes les réponses et avide de les découvrir, même si là encore beaucoup de questions restent en suspens à la fin du premier tome. 

Le livre est aussi bourré de rebondissements, voire de retournements quasi-complets, puisque les morts s'enchaînent, obligeant parfois à des changements de personnages principaux, même si l'on se doute qu'ils sont liés entre eux - pas seulement par le pouvoir de l’Ultramega.

 

 

Certes cet ouvrage n'est pas à mettre entre toutes les mains, entre violence décomplexée et scénario parfois alambiqué. Mais pour les lecteurs plus pointus et plus accoutumés aux lectures indé, c'est un vrai plaisir. Une ambiance glauque parfaitement restituée, un univers riche, des rebondissements réguliers, que du plaisir pour qui aura pu adhérer à l'univers développé par l'auteur. James Harren n'avait pas encore beaucoup fait parler de lui dans le monde du comics avant cela, mais nul doute qu'à la conclusion de son comics, des portes vont s'ouvrir pour lui !

Chez l'éditeur

Où le trouver

 

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