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Critique - Water Knife (Paolo Bacigalupi) : Quand l’eau se fait rare.

Par Richard Lecastor
3 min 18 janvier 2022
Critique - Water Knife (Paolo Bacigalupi) : Quand l’eau se fait rare.
On a aimé
- Le rythme.
- L'histoire semble très plausible.
-L'aspect écologique.
On n'a pas aimé
- Quelques longueurs au début du roman.

Quand l’eau est plus précieuse que l’or, une seule vérité régit le désert : un homme doit saigner pour qu’un homme boive.

Qui ne sait jamais posé cette question : que se passerait-il si l’eau venait à manquer? Paolo Bacigalupi nous répond avec cette dystopie dans laquelle le Sud-Ouest des États-Unis est ravagé par la sécheresse et les effets du réchauffement climatique. La guerre de l’eau fait rage et les hommes sont prêts à tous pour le nouvel or bleu. Paolo Bacigalupi, adepte du Bio-punk, et déjà lauréat de nombreux prix dont un prix Hugo pour La Fille automate, affirme ici ses convictions écologiques à travers ce nouveau roman publié chez Au Diable Vauvert.

Dans un avenir proche, le Sud-Ouest des Etats-Unis est dévasté par la sécheresse due au réchauffement climatique. Le prix de l’eau dépasse celui de l’essence et les pénuries sont monnaie courante. Le fleuve Colorado, qui constitue une source d'eau essentielle pour la région, a été détourné et n’est plus qu’un simple filet d’eau. Des magnats des affaires et des représentant du gouvernement contrôlent l'approvisionnement en eau et le Nevada, l’Arizona et la Californie se livrent une guerre qui ne dit pas son nom. Les texans fuient la sécheresse et la Chine est devenue le nouvel Eldorado. Las Vegas et les autres grandes métropoles dépouillent les citoyens de leur droit en eau. Ils construisent pour les riches habitants des villes-bulles autosuffisantes en eau appelées arcologie, et les pauvres doivent se contenter du désert.

Lorsqu’une source d’eau inespérée est découverte à Phoenix, les cartes pourraient être rebattues et l’équilibre des forces chamboulé. Angel Velasquez travaille comme espion et détective pour la californienne Catherine Case. Son travail, en tant que "couteau à eau" (water-knife), est d'infiltrer et de saboter les approvisionnements en eau des États concurrents. Angel est envoyé dans le sud pour enquêter et mettre la main sur de très anciens documents contenant les droits de l’eau du fleuve Colorado. A Phoenix, il y rencontre Lucy Monroe, une journaliste primée d’un Pulitzer, et Maria Villarosa, une jeune réfugiée du Texas, survivant grâce à son instinct et sa perspicacité. Les trois protagonistes vont se retrouver liés alors que Phoenix est sur le point de sombrer dans le chaos et la violence. Au fur et à mesure que les corps commencent à s'empiler, la découverte de ces documents devient une affaire de vie ou de mort.

Le roman est agréable à lire et les enjeux politiques sont facilement compréhensibles, cependant le début un peu lent et certaines scènes de violence (viol et torture) pourraient diviser les lecteurs. Personnellement je trouve qu’elles apportent du réalisme à cette histoire et permettent de mieux s’immerger dans l’ambiance générale. Ce thriller écologique fera réfléchir sur le futur qui nous attend et ravira les fans de romans d’anticipation mais également de polars. Sans vrai repère temporel, il est difficile de situer dans le temps cette histoire, mais une chose est sure, cet avenir est surement plus proche de nous que l'on le voudrait.

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Mots clés

Dystopie écologie polar