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Dossier - Hiver & Glace en fantasy et science-fiction : Fin ou Renouveau de l'Humanité ?

Par Louis - CINAK
10 min 23 avril 2021

Quelles seraient les conséquences pour l'Homme, voire une civilisation toute entière, si l'hiver venait à recouvrir le monde ? 

Dossier - Hiver & Glace en fantasy et science-fiction : Fin ou Renouveau de l'Humanité ?
1 - Froid mortel pour l'Homme et les civilisations
2 - L'hiver comme refuge en attendant le printemps des civilisations
1. | Froid mortel pour l'Homme et les civilisations

L’hiver et le froid sont rudes, ils sont faits pour des gens rudes. C’est pour cette raison que les gouvernements ou les royaumes envoient au loin leurs fauteurs de trouble ou leurs bâtards, comme si le froid allait les absoudre de leurs péchés, ou empêcher leurs idées séditieuses de se propager. Delas, dans Le Chant des Glaces de Jean Krug, cette planète-prison de glace a cette fonction. Tous les rebelles du système Espsilon y sont envoyés discrètement et parqués dans des prisons à ciel ouvert, car où allait quand on est entouré de glace ? De même, le Mur dans Le Trône de Fer de G. R. R. Martin, au-delà de sa fonction qui est de repousser les sauvageons, est avant tout de refourguer les parias (bâtards, criminels…) à une compagnie de veilleurs, plus occupaient à creuser des latrines dans la glace que de repousser quoique ce soit (du moins au début). Le froid a cette image dans l’imaginaire collectif d’un purgatoire où même le plus sauvage devrait s’assagir.

Mais c’est une erreur, preuve en est sur Delas ou sur le Mur, c’est d’ici que vient le changement. Sur Delas, la rébellion n’est que plus forte car quand on est entouré de glace on n’a plus rien à perdre... Tandis que sur le Mur, Jon Snow rompra ses vœux avec son célèbre « My Watch has ended » et soulèvera une partie de la Garde de Nuit, et à raison, car les Marcheurs Blancs, personnification de l’hiver et de la mort, arrivent et bien peu y survivront.

En effet, au-delà de son aspect abrupt et éreintant, l’hiver et le froid glacial sont perçus en imaginaire comme la fin des civilisations. Snowpiercer (inspiré de la BD française de Jacques Lob) en est l’illustration la plus criante et la holywoodienne : la Terre est plongée dans une nouvelle ère glaciaire et seuls quelques-uns ont la chance d’y survivre et ce, seulement à bord d’un train où une maigre perte de vitesse peut faire s’effondrer ce qui reste de l’Humanité. Constamment sur le fil du rasoir, aucune civilisation ne peut se développer ou espérer des jours meilleurs. Elle ne fait que survivre ou tomber dans la débauche car demain est déjà un cadeau. Or, on le voit bien, à travers les différents épisodes de la série notamment, que plus rien ne se créé. A tel point qu’une machine reproduisant les sons de la mer, et recyclant la musique du temps où l’humanité était encore heureuse, est créée pour combler le manque. Dans Snowpiercer, l’humanité est pitoyable et elle le mérite car elle est la cause de sa propre perte. Les concepteurs du train ne pensaient pas réellement maintenir des générations et des générations d’humains dans ce cocon de fer. Ils voulaient prolonger la fête – raison pour laquelle les pauvres à l’arrière du train n’étaient pas invités initialement !

Le froid et la glace est aussi la tanière de ce qui attend de détruire l’Homme et sa quête vaine de soumettre la Nature. Dans The Terror d’Alexander Woo (adapté de Terreur de Dan Simmons), la tension est à son comble dès que la créature, qui hante l’Antarctique, vient roder autour du navire emprisonné dans la glace. L’équipage, privé de nourriture, sombre rapidement dans la folie, la paranoïa parce qu’elle sait que la créature viendra les chercher là où l’Homme n’aurait jamais dû s’aventurer

La glace et la neige sont les ennemies naturelles de l’Homme mais sont aussi les derniers refuges des civilisations anciennes ou balbutiantes mais aussi de ces créatures mythiques. Voire parfois même le tremplin d’un avenir nouveau, exempt des erreurs du passé, car après l’hiver, vient le printemps.

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