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Dossier Premium : Frankenstein au cinéma

Par Alfro
24 avril 2015

Quand Mary Shelley écrivait Frankenstein ou le Prométhée Moderne, elle ne se doutait pas encore qu'apparaîtrait un jour le cinéma. Pourtant, sa créature connait une histoire d'amour avec le grand écran depuis plus d'un siècle maintenant. Et ce n'est pas le Victor Frankenstein de Paul McGuigan que l'on découvrira plus tard dans l'année qui va nous contredire.

Dossier Premium : Frankenstein au cinéma
1 - Frankenstein et les débuts du 7ème Art
2 - Frankenstein prend des couleurs
3 - Le Prométhée Moderne
1. | Frankenstein et les débuts du 7ème Art

Il ne faudra pas attendre longtemps pour voir débarquer la première adaptation de Frankenstein sur le grand écran puisque dès 1910 J. Searle Dowley va réaliser un film qui reprend l'histoire imaginée par Mary Shelley. Cependant, le format très court, un peu plus d'un quart d'heure, oblige le réalisateur à faire des coupes sévères dans le scénario et on se retrouve avec une interprétation très libre de l'histoire originale, avec par exemple la créature qui est créée dans un chaudron.

Il faudra donc attendre 1931 pour avoir le premier film Frankenstein qui va reprendre plus fidèlement le roman et surtout le consacrer définitivement dans l'esprit du public. C'est surtout ce film de James Whale qui va populariser l'image de la créature que l'on a aujourd'hui (il n'y a pas de description précise dans l'œuvre de Shelley), avec ce front carré bardé d'agrafes et de vis créé par le maquilleur Jack Pierce. Ce long-métrage qui fera découvrir l'acteur Boris Karloff sera aussi celui qui va pour la première donner le nom de Frankenstein à la créature.

Whale et Karloff reprennent du service en 1935 pour une suite toute aussi fameuse : La Fiancée de Frankenstein. Le réalisateur imagine une suite au roman de Shelley (c'est elle la narratrice du film, racontant l'histoire à son ami Lord Byron) où la créature souhaite mettre un terme à sa solitude en demandant à son créateur de lui faire une femme. Cela se passe mal puisque cette dernière ne succombe pas du tout au charme de la créature et le film, tant dans sa réalisation que dans son histoire poignante, est l'un des plus accompli sur Frankenstein.

 

Boris Karloff signe un troisième opus dans la peau couturée de la créature en jouant dans Le Fils de Frankenstein où le rejeton du savant fou revient dans la demeure familiale où est encore ensevelie l'invention funeste de son père. Réalisé par Rowland V. Lee, ce film n'est cependant pas au niveau des deux précédents volets et Universal, devant le moindre succès de ce long-métrage, décidera d'en arrêter là avec cette série de films. Notons que c'est la première fois que l'on trouve Bela Lugosi dans le rôle d'Igor, alors qu'il devait jouer la créature avant l'arrivée de Karloff.

Malgré tout, Universal insiste et sort dès 1942 Le Fantôme de Frankenstein avec Lon Chaney Jr. dans le rôle de la créature et toujours Bela Lugosi qui incarne Igor. Pourtant, ce film réalisé par Erie C. Kenton tire encore un peu plus sur la corde avec une nouvelle fois la créature qui est sauvée des décombres par Igor et l'introduction d'un nouveau fils de Victor Frankenstein. A ce moment-là, Dracula a bien plus de succès que Frankenstein et finalement cette série de films s'arrête avec cet opus sans grand intérêt.

Si bien que quand la créature fait son retour, dès l'année suivante, il n'est plus le héros phare. En effet, Frankenstein rencontre le loup-garou est la suite du Loup-Garou de George Waggner. D'ailleurs, s'il on retrouve Lon Chaney Jr., il interprète le lycanthrope tandis que le rôle de la créature revient à Bela Lugosi (Universal aime bien garder son crew d'acteurs), qui peut enfin dévoiler son interprétation du monstre après ses premiers essais dix ans auparavant. Ce long-métrage inscrit définitivement la création de Shelley dans l'univers Universal Monsters où il croise les autres monstres fantastiques. D'ailleurs, il sera ensuite à l'affiche d'un dyptique La Maison de Frankenstein puis La Maison de Dracula.

En 1948, il apparait pour la première fois dans un film comique, Deux Nigauds contre Frankenstein. Si Lon Chaney Jr. et Bela Lugosi sont tous deux au casting de ce film de Charles Barton, c'est Glenn Strange qui incarne la créature. Ce long-métrage est surtout l'occasion de mettre en avant un duo comique à grand succès de l'époque : Abbott et Costello. Ces derniers croisent au cours de leurs pérégrinations absurdes tout le bestiaire d'Universal, Frankenstein donc, mais aussi Dracula et le loup-garou.

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