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H.R. Giger : Limbes et grosses guitares

Par Strafeur
2 mars 2016
Véritable mine d'or souvent trop réduit à son caractère le plus extrême, le metal reste l'un des styles musicaux des plus variés qu'il soit.

Les influences extérieures sont très nombreuses, et il n'est pas rare de voir des musiciens mélanger leur amour de la pop culture à la musique, voire de s'essayer à un autre médium afin d'exprimer leur amour pour les cultures de l'imaginaire.

L'inverse reste d'ailleurs tout aussi vrai, en témoigne Christopher Lee via sa collaboration avec le groupe italien Rhapsody ou encore avec son propre groupe Charlemagne, tout comme notre candidat du jour, le légendaire et regretté Hans Ruedi Giger, plus connu pour être le directeur artistique et plasticien du cultissime d'Alien de Ridley Scott.
 
 
C'est dans cette optique que nous nous attacherons chaque mois à mettre en avant ces connexions entre le metal et l'imaginaire (ou autre "univers geek", même si l'appellation nous hérisse les poils).
Et quoi de mieux que de s'appuyer sur un festival tout proche de chez nous, devenu au fil des années l'une des plus grosses références estivales dans le monde ? Vous l'aurez compris, nous sommes heureux d'officialiser avec un premier dossier notre partenariat aux côtés du Hellfest, l'occasion pour nous de retourner fouler les terres clissonnaises après notre passage l'année dernière et quelques années dans les coulisses, mais également de vous préparer tout un tas de surprises pour le courant de l'année autour de cet évènement.
  
N'oubliez pas de participer à notre concours simple comme bonjour, pour remporter un précieux pass Trois Jours. Pour participer, rien de plus simple, il vous suffit de nous parler de votre lien préféré entre Metal et "Nerd Culture" avec le Hashtag #HELLFESTxARTS sur Twitter. Vous avez jusqu'à Juin pour partager votre expérience avec nous, avant que nous procédions à un tirage au sort dans les règles de l'art. À vos marques, prêts, tweetez ! 
 
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H.R. Giger, un artiste accompli

 
Hans Ruedi Giger (H.R.) fut l'un des artistes les plus influents de son époque grâce à une carrière prolifique et pour le moins unique. À la fois plasticien, illustrateur ou encore sculpteur, le génie suisse s'est toujours attaché à mêler l'organique et le mécanique dans un univers qu'il nommera lui même la biomécanique. 
 
Il ne tarde pas à taper dans l'oeil de réalisateur de renom comme Alejandro Jodorowsky au milieu de années 70 avec qui il collaborera sur le projet d'adaptation de Dune qui demeure, encore aujourd'hui, l'un des pires regrets de l'industrie cinématographique tant la rencontre de ces deux sommités auraient pu (du?) nous offrir un chef d'oeuvre. On vous encourage d'ailleurs à vous rendre en salles pour apprécier le magnifique documentaire consacrée au plus grand film jamais fait de tous les temps.
 

 
Bien évidemment on ne peut parler de l'intéressé sans évoquer son travail sur le très fameux Alien, pour lequel il créa le visuel si caractéristique de la créature dont il fut récompensé en 1980 d'un Oscar. Ridley Scott a continué de développer l'univers des xénomorphes grâce à Prometheus, sur lequel Giger à également été impliqué avant son décès en 2014, et encore aujourd'hui avec la suivante Alien : Covenant attendu pour 2017.
 
Mais aujourd'hui, nous vous proposons de mettre en lumière un pan de sa vie un peu moins connu, celui de son amour pour la musique extrême. De ses nombreuses collaborations et relations qu'il a pu entretenir avec différents groupes emblématiques du milieu, mais également sur son influence sur les décors du Hellfest, qui insuffle l'âme si particulière du festival.
 
H.R. Giger : Limbes et grosses guitares
1 - Son lien avec le metal
2 - Sa relation particulière avec certains groupes
3 - Les décors du Hellfest
1. | Son lien avec le metal

Vous n'êtes pas sans savoir que Giger, au delà de son travail reconnu dans le monde hollywoodien, fut un artiste accompli hors paire. Peintre ou encore plasticien, le suisse avait de nombreuses cordes à son arc, au point qu'il monta son propre château-musée dans son pays natal, dans la région de Gruyères (oui, comme le délicieux fromage). 

Si ses collaborations avec des groupes tels que Celtic Frost, Dead Kennedys, Magma ou encore Carcass sont de notoriétés publique, Giger a également collaboré avec des groupes plus confidentiels.


En effet, Steve Stevens, guitariste de Billy Idol, arbore une création originale de l'artiste suisse sur la pochette de son premier album solo Atomic Playboys paru en 1989. Le groupe de trash Sacrosanct a également collaboré avec le suisse puisque leur album Recesses for the Depraved (1991) porte une couverture signée par l'intéressé.

Cependant, il est bon de signaler que Giger ne faisait pas ça pour l'argent. Déjà, parce que ce n'était pas de son genre et qu'après le succès d'Alien, ses finances se portaient très correctement. Mais surtout, il était un véritable passionné de metal et il ne produisait du matériel que pour des groupes dont il était lui même fan. 


Il a également entretenu de nombreuses amitiés avec des membres actifs de la scène — on y reviendra un peu plus tard— dont le célèbre chanteur/guitariste Thomas Gabriel Fischer, pilier du metal extrême ayant fait parti des pionniers Hellhammer, mais également de Celtic Frost, puis, encore aujourd'hui, des excellents Triptykon qui ont foulé les terres du Hellfest l'année passée.

Giger a d'ailleurs signé les pochettes de leurs deux albums, dont la première est le fruit d'une collaboration avec Vincent Castiglia, digne padawan et successeur du maître de la "biomécha".

L'amour du metal de Giger a également donné lieu à la production d'une ligne d'instruments imaginée par l'intéressé et produits par Ibanez. Thomas Gabriel "Warrior" (de son nom de scène), arborait la guitare imaginée par son ami suisse durant son passage en terre clissonnaises, collant parfaitement au personnage et illustrant parfaitement le lien entre les deux artistes.


Autre collaboration de taille, celle avec le groupe Korn, et plus particulièrement avec Jonathan Davis, chanteur et leader charismatique du groupe qui sent bon le baggy, les dreads et les cordes de basse fluos. En effet, c'est a Giger que l'on doit l'imposant micro du chanteur, et si l'anecdote est pas forcément la plus méconnue, l'histoire derrière cette collaboration l'est un peu plus. 

Fan inconditionnel de l'artiste suisse, Jonathan Davis a pris les devants et a lui-même demandé la création d'un micro à Giger. Il n'a donné à ce dernier que l'indication qu'il devrait arborer une femme à la posture érotique et être pratique sur scène, afin de supporter les mouvements du chanteur, tout en arborant les motifs bioméchanique si particuliers du suisse, ayant, à l'époque, totalement délaissé la peinture pour se focaliser uniquement sur la sculpture.

Quelques échanges plus tard, le prototype de ce qui deviendra l'un des micros les plus emblématiques de la scène metal fut envoyé au groupe pour un test live. C'est Giger lui-même qui intégra le ressort permettant au chanteur de basculer son micro au gré de la musique du groupe et que l'on a pu apprécier à plusieurs reprises au Hellfest puisque ce dernier le possède depuis le début des années 2000 et que l'on devrait revoir le 18 juin prochain sur la Mainstage 2 du festival.

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