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Avec Oats, Neill Blomkamp veut repenser l'implication des spectateurs

Par Republ33k
15 juin 2017

Vous l'avez peut-être déjà visionné, Rakka, le premier court-métrage du réalisateur Neill Blomkamp et de sa société Oats Studios, est désormais disponible. Ce qui permet au sud-africain de nous en dire un peu plus sur la vision derrière sa dernière création.

Invité à l'E3, Neill Blomkamp a en effet expliqué que l'objectif d'Oats Studios est de repenser le lien entre les producteurs de contenu et les spectateurs. Une envie qui animait déjà Joseph Gordon-Levitt lorsqu'il avait lancé HitRecord, une société de production collaborative, en 2005.
 
Seule différence entre les deux projets : la plateforme. Joseph Gordon-Levitt utilisait un site dédié, là où Blomkamp ajoute Steam à l'équation. Un service que Blomkamp a préféré à iTunes car il lui permettra aussi de diffuser les rendus 3D et un maximum de contenus supplémentaires (aussi connus sous le nom de DLC chez les gamers) autour de ses courts-métrages. L'idée étant d'utiliser tout ce matériel pour créer un feedback constant entre Oats et ses fans :
 
"Nous allons donner à notre audience, celle qui pense savoir dans quelle direction un film ou une série de films peut aller, la capacité d’interagir en permanence avec Oats. Je veux vraiment travailler avec les spectateurs pour savoir dans quelle direction nous pouvons aller."
 
Une approche qui rappelle très fortement le modèle de Patreon, qui aide les créateurs de contenus à travers le monde à rester proches de leur communauté tout en travaillant main dans la main avec elle. Mais Neill Blomkamp explique que son ambition n'est pas non plus de rallier un maximum de spectateurs autour de lui, et éventuellement contre Hollywood, même si son modèle se passera totalement des producteurs et des studios les plus influents du monde : 
 
"Je ne veux pas rassembler les gens contre les grands studios Hollywoodiens. Je me demande juste s'il y a un moyen de repenser notre relation avec les spectateurs."


 
Et le réalisateur semble d'ailleurs très conscient du coût de cette opération : créer une multitude de courts-métrages de qualité n'est pas forcément moins onéreux que la réalisation d'un film hollywoodien. C'est pourquoi Blomkamp chercher à fédérer au-delà des courts eux-mêmes. Il entend en effet vendre une nouvelle expérience de visionnage et, a fortiori, de consommation : 
 
"S'il y a assez de gens en ligne qui estiment en vouloir plus, il peuvent tout regarder gratuitement, mais une façon de nous soutenir est d'acheter tout le contenu additionnel. J'aimerais ne pas faire payer pour ça, mais le modèle économique dominant, pour le moment, c'est de mettre le feu à l'argent, donc je préfère que les gens essaient de donner, et qu'ils aient quelque chose en échange."
 
Et avec quatre ou cinq films à venir, le réalisateur aura sans doute l'occasion d'accumuler quelques deniers. Chaque métrage de 20 minutes présentera en effet un monde différent - tous très orientés Sci-Fi et Horreur - qu'il entend développer aux côtés de son public. Et avec un peu de chance, seulement aux côtés de son public :
 
"Si les spectateurs nous suivent assez, peut-être que nous n'aurons pas à faire ça de manière traditionnelle. Peut-être que nous allons tout pouvoir faire, financièrement parlant, grâce à notre public. Mais vous le savez, c'est une chose très difficile à faire."
 
Le challenge est effectivement de taille, mais l'expérience collaborative qu'il propose, qui rappelle un mélange de crowdfunding et de soutien affectif façon Patreon ou Tippee, est unique en son genre, du moins, pour un projet de cet envergure.

Si vous tenez à soutenir Oats et sa vision, on vous encourage donc à acheter (pour 5 euros) les contenus additionnels (via Steam) de Rakka, le premier court-métrage, ou de faire un don sur le site du studio !
 
Avec Oats, Neill Blomkamp veut repenser l'implication des spectateurs

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