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Dossier - Fantasy Historique : Pourquoi fantasy et Histoire s'entendent-elles si bien ?

Par Louis - CINAK
5 min 13 mars 2021

Le constat a évidemment de quoi surprendre.

 

La fantasy est sans doute, de tous les genres des littératures de l’imaginaire, celui qui offre « instinctivement » le moins de passerelles avec le monde réel. Pourtant, depuis de nombreuses années, par le biais d’auteur(rice)s de différentes cultures et générations, elle ne cesse d’offrir aux lecteurs des textes variés et de grande qualité en relation directe avec la grande Histoire…

Attardons-nous donc sur quelques-unes de ces pépites et, bien modestement, sur ce qu’elles ont pu apporter au genre.

 

DISCLAIMER : Ce dossier a été rédigé par Silfin !

Dossier - Fantasy Historique : Pourquoi fantasy et Histoire s'entendent-elles si bien ?
1 - Les influences mythologiques et antiques.
2 - La fantasy historique médiévale… et plus particulièrement la fin du Moyen Age.
3 - Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée à la Renaissance car l’Histoire se nourrit de chamboulements.
1. | Les influences mythologiques et antiques.

L’Illiade ou l’Odyssée pourraient être « techniquement » considérés comme les tous premiers récits de fantasy (tout comme les épopées de Gilgamesh…). Les interventions divines directes ou indirectes y sont légion sans parler des créatures… eh bien disons… mythiques.

Il est donc inéluctable que certains auteurs de fantasy revoient tout cela « à leur sauce ». Pour n’en citer que quelques-uns, c’est le cas évidemment du génial David Gemmell, à qui l’on doit notamment le cycle de Troie (Bragelonne), mais aussi celui du Lion de Macédoine (Mnémos) qui s’inspire de l’histoire de Philippe et d’Alexandre de Macédoine. Entre les deux, Paul Kearney et ses 10 000 – Au cœur de l’empire (Livre de Poche) nous propose une palpitante réécriture de l’Anabase de Xénophon (Les belles lettres), où 10 000 Grecs sont perdus en terres perses et ne doivent leur survie qu’à leur seule détermination. 

Dans le même esprit mais avec une bonne dose d’uchronie, comment ne pas citer le travail original de Javier Negrete avec son Alexandre le Grand et les aigles de Rome (L’Atalante) qui imagine la confrontation d’Alexandre le Grand et de Jules César !

 

Plus que le fait de pouvoir s’appuyer sur un contexte géopolitique réaliste ou un héritage historique déjà connu du lecteur, il semble que les auteurs aient choisi de s’inspirer des mythes et de l’Antiquité pour renforcer l’aspect épique de leur travail. Les héros de ces périodes sont déjà plus grands que nature et sont par ailleurs souvent confrontés à des périls extraordinaires en grande partie parce que les interventions divines (mais aussi les incarnations divines !) relèvent presque du quotidien.

Dans une optique plus fantasy qu’historique, la toute récente Croisade éternelle (Bragelonne) de Victor Fleury tire ses références d’un cadre souvent plus méconnu : la civilisation mésopotamienne, tout comme le merveilleux Qushmarrah (L’Atalante) de Glenn Cook s’inspire majoritairement des guerres puniques.

A l’inverse des travaux précédents, il s’agit sans doute d’une volonté des auteurs de rechercher des contextes historiques solides et vraisemblables (car fortement inspirés du réel et renvoyant à certaines références déjà connues par le lectorat – même inconsciemment) mais restant également assez flous pour ne pas contraindre ou limiter les développements imaginaires.

Enfin, à un autre bout de l’Europe, les mythologies scandinaves et celtes ont, elles aussi, inspirées leur lot d’œuvres de fantasy. Parmi la très foisonnante production concernée, citons la réécriture récente de La Mythologie viking par Neil Gaiman (Le diable Vauvert) mais aussi plusieurs romans d’auteurs français comme Fabrice Colin et son Winterheim (Pygmalion & J’ai Lu). Les mythes celtes ont quant à eux notamment inspirés Michael Moorcock et sa deuxième trilogie de Corum (L’Atalante).Comme pour les auteurs s’étant inspirés de la mythologie grecque, un contexte et des entités divines amplifieront de facto la dimension épique de l’oeuvre. Par ailleurs, il faut noter que l’ensemble de ces mythologies nordiques constitue également la base principale du travail du maître de la fantasy s’il en est, J. R. R. Tolkien. En effet, avant de créer la Terre du Milieu celui-ci avait, par ses traductions notamment, redonné vie à la légende de Beowulf et à la Légende de Sigurd et Gudrun avant de travailler sur la geste arthurienne avec Sir Gauvain et le chevalier vert et surtout La chute d’Arthur.


 

 

 

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