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Critique - Outsphere 1 (Guy-Roger Duvert) : Avis aux fans de Romain Benassaya !

Par Louis - CINAK
3 min 4 mai 2022
Critique - Outsphere 1 (Guy-Roger Duvert) : Avis aux fans de Romain Benassaya !
On a aimé
- L'évolution des personnages
- Les retournements de situation
- Le mystère derrière la planète et son passé
On n'a pas aimé

On vient de découvrir la présence de l’épave d’un vaisseau spatial. Maintenant, si vous préférez laisser votre place à quelqu’un d’autre, ça ne me pose pas de problème.

Guy-Roger Duvert avait fait parler de lui avec son film dystopique, Virtual Revolution, qui anticipait un monde pollué où le citoyen moyen préfère s’isoler dans des mondes virtuels plutôt que de changer le monde (ce qui arrange bien les gouvernements !). Avec Outsphere, il explore un autre monde : celui d’Eden, planète éloignée de la Terre et qui pourrait être un nouveau départ pour l’Humanité.

L’Arche sort de sa torpeur en même temps que son équipage quitte ses caissons de cryogénisation. Après 80 ans de sommeil sans rêve, les militaires et les scientifiques émergent en premier et découvrent Eden et ses tempêtes magnétiques qui empêchent d’analyser la planète en profondeur. Ce n’était pas prévu dans les plans et rapidement une expédition est menée pour explorer la planète avant de lancer la colonisation. Sauf qu’autre chose n’était pas prévu : les humains ne sont pas seuls. Une civilisation primitive existe déjà et la première expédition est un fiasco total. Ces êtres bipèdes et hideux sont agressifs et ne prennent pas le temps de parlementer. Tout l’expédition en réchappe, sauf Olsen, un militaire, qui est capturé par les Edeniens et laissé pour mort par son équipe.

Les colons décident alors de s’éloigner le plus possible des tempêtes magnétiques et de ces « Edeniens ». Mais les problèmes ne disparaissent pas : militaires, civils et scientifiques sont tendus. Les civils ont quitté la Terre en espérant vivre libre alors que les militaires les contrôlent étroitement (du moins essayent). Vous l’aurez compris, Outsphere est à l’image de Pyramides de Romain Benassaya : rassemblez des humains et vous obtenez un bazar qui cherche à faire civilisation. C’est grâce à cette approche très humaine, et moins froide que celles des récits de colonisation de Kim Stanley Robinson, que Guy-Roger Duvert nous happe dans son roman. On s’attache rapidement à chacune des factions.

Puis soudainement tout est chamboulé par un nouvel acteur : les Atlantes. Partis il y a 60 ans de la Terre, descendants d’une nouvelle « race » d’hommes et de femmes, doués de la télépathie, de pouvoirs psychiques, et très collectivistes, ces Atlantes viennent battre ne brèche les plans de la colonie. Favorable à la cohabitation, ces Atlantes aimeraient si possible préserver ces « Anciens », s’ils ne mettent pas en danger la colonie atlante. Vous sentez déjà toute l’ambiguïté de la promesse des Atlantes.

Et c’est dans cette superposition d’intrigues que l’on explore les personnalités humaines qui évoluent au gré des événements. Le personnage de Bowman, militaire endurci, est très loin du cliché bourrin des films de SF : pragmatique, droit mais souple avec les scientifiques, il est un leader pétri de doutes multipliant les missions de plus en plus audacieuses. Tandis que M0015, un Atlante, se rapproche des Anciens et vient de plus en plus remettre en cause les valeurs au cœur de sa civilisation et qui empêchent le développement personnel de ses membres. 

Evidemment, la capture d’Olsen permet à l’auteur d’explorer la planète sous le prisme des Edeniens qui représentent clairement une peuplade primitive et désordonnée, mais qui semblent vénérer des créatures étranges et supérieures technologiquement (et disparues !). En tant que survivant, sa personnalité va se forger dans l’adversité et la solitude. Il interviendra rapidement comme un électron libre dans tout le roman. Tandis que les colons, eux explorent ruines et zones dangereuses en vue de préparer la construction de villes pérennes.

Pétri d’actions, Outsphere se pose comme un bon roman d’exploration et d’aventures. Olsen rappelle Man Vs Wild, tandis que les colons rappellent Stargate SG-1 et Lost in Space. Les Atlantes ajoutent une touche de mystères et de tensions quand on découvre ce qu’ils ont laissé sur  Terre (mais je n’en dirais pas plus…).

Outsphere est un excellent roman d’aventures. Guy-Roger Duvert nous propose une historie simple dotée de personnages de prime abord archétypaux mais qui se complexifient au gré des événements qui viennent rompre l’équilibre précaire de la colonie.  Ce roman se dévore en quelques jours !

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