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Critique - Shining in the dark (Collectif) : De l'horreur par petites doses

Par Lildrille - Chloé
3 min 13 avril 2022
Critique - Shining in the dark (Collectif) : De l'horreur par petites doses
On a aimé
- Des thèmes variés autour de l'horreur.
- Des auteurs intemporels ou incontournables.
- Des histoires émouvantes et prenantes.
- Des visuels terrifiants.
On n'a pas aimé
- Une qualité des textes inégale.

Quand plusieurs auteurs se retrouvent autour d'un thème, un maelstrom d'idées folles germe de cet ensemble improbable et de ce bouillonnement artistique. Des textes pour tous les goûts mais pour des émotions qui se ressemblent : enveloppez-vous de ténèbres !

Le résumé

Vos nuits vont devenir blanches. Douze histoires de fantastique et de terreur vous attendent dans ce livre qui rassemble de grandes plumes mondiales de l’horreur, de Stephen King à Jack Ketchum, en passant par Clive Barker et Ramsey Campbell. Des histoires pour la plupart inédites en français. Ce livre a été réalisé à l’occasion des 20 ans du site de référence sur Stephen King : Lilja’s Library.

Avec une nouvelle inédite de Stephen King !

Notre avis

Shining in the dark se compose de douze nouvelles dingues, d’auteurs plus ou moins connus, voire parfois incontournables, comme Stephen King, ou intemporels, comme Edgar Allan Poe. Pour fêter les vingt ans de Lilja’s Library, l’un des sites de références sur l’œuvre de Stephen King, des écrivains de talent se sont réunis pour nous offrir des textes horrifiques, à suspens fou, noirs ou cauchemardesques. Autant de récits à ne pas lire avant de se coucher, mais à dévorer sans modération. Attention aux âmes sensibles : certains passages ne laissent pas de marbre et font de l’effet, les insectes en couverture participent à l’atmosphère inquiétante. Vous êtes prévenus !

Très différents, inégaux en longueurs et en substance, les narrations nous plongent dans des univers étonnants qui possèdent tous des visuels et messages intéressants, qui sauront toucher différents cœurs de lecteurs aux goûts divers.

ActuSF a sublimé les textes par des explications qui décortiquent chaque nouvelle, et qui nous aident à mieux les appréhender. Des dessins sublimes et une mise en page agréable terminent de compléter cette édition magnifique.

 

Le compresseur bleu

Premier texte et récit original de Stephen King, qui n’avait jamais été traduit en français jusqu’alors. Les fans de l’auteur se retrouveront sans doute dans ses descriptions brutes et son vocabulaire cru. Pour les autres, ça passe ou ça casse ! La violence et les scènes de torture s’enchaînent sans que le lecteur ne comprenne les tenants et aboutissants du scénario alambiqué et curieux qui se déroule sous nos yeux ébahis. Pas vraiment de chute pour clôturer ce récit terrifiant où l’horreur humaine prend tout son sens : de l’effroi, du dégoût, de l’incompréhension et une violence qui semble gratuite.

La plume reste prenante et forte, à l’image des romans saisissants de l’auteur qui n’est plus à présenter.

 

Le réseau

Cette nouvelle se veut écrite comme un échange de mails. On se croit véritablement devant notre PC, comme si nous lisions ces messages d’amour échangés entre Andrew et Cassie. Le lecteur se prend au jeu : les phrases vibrantes et les mots choisis nous transportent dans cette relation typique de notre société du 21e siècle. Leur quotidien sans surprise nous happe malgré nous. Les échanges humoristiques, attendrissants et sarcastiques se lisent avec plaisir.

La chute, bien plus retentissante que celle du récit précédent, nous laisse sans voix. Une fin bien horrible, mais cohérente, et rondement menée. Chapeau bas !

 

L’attraction des flammes

Dans cette histoire, nous suivons des adolescents en pleine fête foraine. Dit comme ça, le pitch apparaît cliché, déjà vu et revu. Pourtant, on se plaît à suivre ces aventures folles. L’ambiance est réussie, tout comme les descriptions des attractions, des clowns dantesques et des émotions fortes qui assaillent nos héros.

Un contraste s’installe entre le dirigeant de l’endroit et les ados : les uns sont touchants, mignons et naïfs, quand l’autre, cynique, s’amuse à les malmener sans culpabilité ni regrets. On le déteste d’emblée, alors que l’on s’attache irrémédiablement aux jeunes.

Longue, prenante et haletante, terrible et effrayante, cette nouvelle nous offre des scènes horrifiques de haut vol, qui marquent les esprits. Certainement le texte le plus percutant de ce recueil, car il prend tout son temps, même alors que des images effroyables se dessinent en permanence sur nos pupilles. La chute reste plutôt décevante comparée à tout le reste, mais on l’oublie vite pour ne retenir que le meilleur.

 

Le manuel du gardien

Cette nouvelle, divisée en trois parties, nous raconte l’histoire d’un jeune garçon passionné de jeu de rôle. On a l’impression de retrouver la série Stranger Things, ainsi que les œuvres de H.P. Lovecraft avec les références aux dieux anciens.

Le parcours du héros nous fascine d’emblée, il est sensible et torturé par son quotidien adolescent, qui nous prend aux tripes. Même s’il dérape, on le suit, même s’il regrette, on le pardonne et même s’il tombe, on le soutient. Les parties s’enchaînent dans un suspens intenable, le lecteur n’a qu’une envie : savoir ce qui va se passer et comment il va s’en sortir ! Des ténèbres enveloppent ce récit tout du long, des filets noirs qui nous enchaînent dans un cocon presque réconfortant tant on est transportés.

 

Les autres textes

D’autres récits étonnants s’ouvrent à nous : des créatures ténébreuses soumises à leurs pires instincts, des métaphores touchantes de vies qui nous ressemblent, des histoires d’amour poignantes, des héros différents de d’habitude, des futurs sombres emplis de questionnements intérieurs ou sociétaux, et des plumes particulières, plaisantes à découvrir ou redécouvrir.

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